Une consommation régulière de sodas, qu’ils soient sucrés ou non, est associée à un risque accru de développer une maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), une affection en forte progression dans le monde. Une vaste étude menée auprès de plus de 123 000 adultes britanniques révèle que même une consommation modérée de ces boissons peut avoir des conséquences néfastes sur la santé du foie.
Les résultats, présentés lors de la Semaine UEG 2025 à Berlin le 7 octobre 2025, indiquent que les personnes consommant plus de 250 grammes de boissons sucrées ou de boissons à faible teneur en sucre par jour présentent un risque significativement plus élevé de MASLD. Plus précisément, la probabilité de développer cette maladie est augmentée de 60 % pour les consommateurs de boissons à faible teneur en sucre (HR : 1,599) et de 50 % pour ceux qui boivent des sodas sucrés (HR : 1,469).
Au cours d’un suivi médian de 10,3 ans, 1 178 participants ont développé une MASLD et 108 sont décédés des suites de complications hépatiques. L’étude a également mis en évidence un lien entre la consommation de boissons à faible teneur en sucre et la mortalité liée au foie, bien que ce lien n’ait pas été établi avec les boissons sucrées. Les deux types de boissons étaient associés à des niveaux plus élevés de graisse dans le foie.
La MASLD, anciennement connue sous le nom de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), se caractérise par une accumulation excessive de graisse dans le foie. Cette accumulation peut entraîner une inflammation (hépatite) et provoquer des symptômes tels que des douleurs abdominales, de la fatigue et une perte d’appétit. Aujourd’hui, la MASLD est la maladie chronique du foie la plus répandue au monde, touchant plus de 30 % de la population et devenant une cause majeure de décès liés au foie.
« Les boissons sucrées sont depuis longtemps pointées du doigt, mais leurs alternatives dites « light » sont souvent perçues comme plus saines, explique le chercheur principal, Lihe Liu. Or, notre étude montre que les boissons à faible teneur en sucre peuvent également augmenter le risque de MASLD, même à des niveaux de consommation modestes, comme une seule canette par jour. »
Liu souligne que ces résultats remettent en question l’idée reçue selon laquelle ces boissons seraient inoffensives et soulignent la nécessité de reconsidérer leur place dans l’alimentation et la santé du foie, d’autant plus que la MASLD représente un problème de santé publique mondial.
Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces résultats. La forte teneur en sucre des sodas traditionnels peut provoquer des pics de glycémie et d’insuline, favoriser la prise de poids et augmenter les niveaux d’acide urique, autant de facteurs contribuant à l’accumulation de graisse dans le foie.
Les auteurs de l’étude recommandent de limiter la consommation de boissons sucrées et de boissons à faible teneur en sucre dans le cadre d’une stratégie globale de prévention, visant non seulement les maladies hépatiques, mais aussi la santé cardio-rénale-métabolique. Ils ont constaté que remplacer ces boissons par de l’eau réduisait significativement le risque de MASLD (de 12,8 % pour les sodas sucrés et de 15,2 % pour les boissons à faible teneur en sucre). Le simple fait de substituer l’un par l’autre n’avait aucun effet bénéfique.
« La solution la plus sûre reste de limiter les boissons sucrées et artificiellement édulcorées, conclut Liu. L’eau est de loin le meilleur choix, car elle ne surcharge pas le métabolisme, prévient l’accumulation de graisse dans le foie et assure une bonne hydratation. »
Les chercheurs prévoient désormais de mener des essais randomisés et des études génétiques à long terme afin d’approfondir leur compréhension des mécanismes causals, en particulier de la manière dont le sucre et ses substituts interagissent avec le microbiome intestinal et influencent les maladies du foie.
Pour aller plus loin
