Publié le 4 novembre 2025 à 23h30. La nomination de Merceditas Gutierrez à la tête de la Commission nationale des personnes âgées (NCSC) aux Philippines suscite une vive opposition, notamment de la part d’associations de seniors qui dénoncent son passé judiciaire et craignent un manque d’engagement dans la lutte contre la corruption.
- Merceditas Gutierrez, ancienne médiatrice, a été nommée à la tête de la NCSC après avoir quitté le Conseil d’administration du GSIS (Government Service Insurance System).
- Plusieurs associations de personnes âgées s’opposent fermement à cette nomination, la qualifiant de fonctionnaire mise en accusation pour négligence en matière de corruption.
- Une pétition en ligne a été lancée pour demander au président Marcos de retirer cette nomination et de relancer un processus de sélection transparent.
L’arrivée de Merceditas Gutierrez à la Commission nationale des personnes âgées (NCSC), chargée de veiller au bien-être des seniors philippins, est loin de faire l’unanimité. Le groupe « Les seniors en mouvement » a exprimé une forte opposition à sa nomination, soulignant son passé tumultueux et les accusations portées contre elle.
L’organisation a lancé une pétition sur change.org, recueillant rapidement des signatures, pour demander le retrait de la nomination de Gutierrez. Ils la décrivent comme une fonctionnaire mise en accusation en raison de sa « négligence dans une corruption à grande échelle » pendant son mandat de médiateur.
« Les seniors méritent-ils ce genre de dirigeant – un fonctionnaire mis en accusation qui aurait manqué à ses responsabilités dans la lutte contre la corruption ? »
Les seniors en mouvement
Le groupe remet également en question la rapidité avec laquelle la nomination de Gutierrez a été approuvée. Ils demandent au bureau du président de réexaminer la situation, de rouvrir le processus de nomination conformément à la loi RA n° 11350 (Loi nationale sur les personnes âgées) et d’organiser une consultation avec les associations de personnes âgées pour choisir un leader plus approprié.
La RA n° 11350 confère à la NCSC la responsabilité de mettre en œuvre des programmes et des services visant à améliorer la santé et le bien-être des personnes âgées. La commission est composée d’un président et de six commissaires, chacun bénéficiant d’un mandat de six ans. Les critères d’éligibilité incluent la nationalité philippine, un âge minimum de 60 ans, une bonne moralité, une affiliation à une association de personnes âgées, un diplôme universitaire ou une expérience pertinente, une bonne santé physique et mentale, l’absence de condamnation pénale et une recommandation d’une assemblée générale d’associations de seniors.
Rappler a tenté de contacter Merceditas Gutierrez pour obtenir un commentaire, mais n’a pas encore reçu de réponse. Cette information sera mise à jour dès que possible.
Le parcours de Gutierrez est marqué par des controverses. Après avoir été écartée pendant des années, elle a été nommée au conseil d’administration du GSIS en avril 2023 par le président Ferdinand Marcos Jr., une décision qui n’a pas manqué de surprendre, compte tenu de ses liens avec l’ancienne présidente Gloria Macapagal Arroyo, désormais alliée de l’administration actuelle.
Cependant, moins d’un an plus tard, la direction du GSIS a déclaré que Gutierrez n’était pas qualifiée pour siéger au conseil d’administration au moment de sa nomination en avril 2023. Le président du GSIS, José Arnulfo Veloso, a justifié cette décision par une conclusion juridique suite à une « plainte de dénonciation » déposée contre Gutierrez.
Gutierrez a répliqué en affirmant que des tentatives avaient été faites pour la démettre de ses fonctions depuis qu’elle avait commencé à révéler des irrégularités présumées dans les opérations du GSIS. Elle a présenté sa démission du GSIS en octobre 2025, selon un rapport. Quelques semaines plus tard, le 4 novembre, elle a pris ses nouvelles fonctions à la NCSC.
Gutierrez a occupé plusieurs postes importants sous l’administration Arroyo, notamment celui de conseillère juridique présidentielle en chef et de présidente de la Commission présidentielle anti-corruption. Elle a également été secrétaire à la Justice par intérim avant de devenir la première femme à diriger le Bureau du Médiateur.
En 2009, une procédure de mise en accusation avait été intentée contre elle, mais elle n’avait pas abouti sous l’administration Arroyo. La situation a changé avec l’arrivée au pouvoir de l’ancien président Benigno Aquino III, qui a finalement conduit à la destitution de Gutierrez par la Chambre des représentants pour son manque de réaction face aux scandales de corruption sous l’administration Arroyo. Elle avait « trahi la confiance du public ». Les articles de mise en accusation ont été transmis au Sénat, mais Gutierrez a démissionné avant le début du procès.
Reste à savoir si le président Marcos répondra à l’appel des associations de personnes âgées et reconsidérera la nomination de Gutierrez. Sa position à la NCSC est-elle menacée ? – Rappler.com
