Une comédie romantique de Noël centrée sur un couple qui doit collaborer pour le bien-être de leur chien partagé ? L’idée peut sembler saugrenue, mais c’est le point de départ de Merv, la nouvelle production d’Amazon Studios. Le film, qui met en scène Charlie Cox et Zooey Deschanel, explore les difficultés de la séparation à travers le regard attendrissant – et parfois mélancolique – d’un adorable terrier à poils durs.
Dans Merv, écrit par Dane Clark et Linsey Stewart et réalisé par la dramaturge britannique Jessica Swale, Russ (Charlie Cox) et Anne (Zooey Deschanel) sont contraints de se retrouver dans un centre de vacances pour chiens. Leur mission ? S’assurer du bonheur de Merv, leur chien qu’ils continuent de co-parentaliser après leur rupture. Le film ne prétend pas révolutionner le genre, mais mise sur un scénario simple et prévisible : les ex, confrontés à la détresse de leur compagnon à quatre pattes, pourraient bien réaliser qu’ils sont faits l’un pour l’autre.
Le film ne se concentre pas uniquement sur le couple. Chris Redd, Jasmine Mathews, Wynn Everett et Ellyn Jameson incarnent des personnages secondaires excentriques, bien que leur rôle reste limité. L’esthétique visuelle, typique des productions Amazon, est soignée, mais l’ambiance hivernale est artificiellement créée – on aperçoit ainsi de la fausse neige s’accumuler sur des arbres verdoyants, la scène se déroulant en Caroline du Nord en juin pour simuler l’atmosphère de Boston en décembre.
Le succès du film repose avant tout sur la performance de Gus, le chien qui interprète Merv. « Le point fort du film, c’est le chien, et il livre la marchandise », souligne la critique. On y voit des scènes de plage, de fêtes et de promenades canines, ainsi que des moments plus touchants où Merv exprime sa tristesse. Gus, bien que n’ayant pas la complexité de certains rôles canins plus dramatiques – comme Messi dans Anatomie d’une chute – se montre convaincant dans son rôle de chien désemparé.
L’aspect humain du film est plus inégal. Charlie Cox, qui a été autorisé à conserver son accent britannique, se montre volontaire et n’hésite pas à jouer la comédie et l’embarras nécessaires pour s’intégrer dans l’univers loufoque du centre de vacances. Son personnage, empreint d’autodérision, apporte une part de charme et de chimie à ce couple apparemment destiné à se retrouver. Zooey Deschanel, quant à elle, apporte sa touche de bizarrerie milléniale, qui ne plaira pas à tout le monde. Son personnage, Anna, apparaît un peu trop froide et distante, surtout face à la sincérité touchante de Russ.
Le film tente de donner suffisamment de profondeur à la relation entre Anna et Russ pour que les scènes sans Merv soient crédibles, mais les résultats sont mitigés. La raison de leur rupture, bien que mentionnée, manque de nuances et d’explications approfondies. En fin de compte, Merv est une comédie romantique légère et agréable, qui répond aux attentes du genre. L’idée de co-parentaliser un chien n’est peut-être pas la plus originale, mais elle offre un angle intéressant pour explorer les thèmes de la séparation et de la reconstruction amoureuse.
