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Merz veut renforcer son partenariat stratégique avec la Turquie

by Amélie Bernard

Ankara, le 26 février 2024. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est rendu aujourd’hui en Turquie pour une visite cruciale visant à relancer un partenariat stratégique avec Ankara, après des années de tensions. Au cœur des discussions avec le président Recep Tayyip Erdoğan : la situation à Gaza, la guerre en Ukraine, la coopération militaire et la question sensible des migrations.

  • Friedrich Merz souhaite transformer les relations germano-turques en un véritable partenariat stratégique.
  • Les discussions porteront sur la guerre à Gaza, la guerre en Ukraine, la coopération en matière d’armement et la question des migrations.
  • Cette visite marque un tournant dans la politique étrangère allemande, qui cherche à renforcer ses liens avec la Turquie malgré les divergences passées.

Après plus de vingt ans de relations souvent tumultueuses, marquées par des désaccords sur les droits de l’homme, les arrestations de citoyens allemands et les opérations militaires turques, l’Allemagne semble vouloir tourner la page. L’importance croissante de la Turquie, tant sur la scène migratoire que dans les conflits régionaux, a conduit Berlin à adopter une approche plus pragmatique, amorcée sous le gouvernement précédent d’Olaf Scholz et poursuivie par l’actuelle coalition conservatrice.

Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul avait donné le ton lors de sa récente visite à Ankara. Il avait alors qualifié la Turquie de « partenaire stratégique dans toutes nos questions de politique étrangère et un bon ami », affirmant vouloir « un programme globalement positif ».

« Nous voulons un programme globalement positif. »

Johann Wadephul, ministre des Affaires étrangères

Si Wadephul a évité toute critique frontale concernant la situation des droits de l’homme et le traitement de l’opposition politique, notamment l’affaire du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, dont le mandat a été contesté, la question reste au centre des préoccupations des organisations de défense des droits humains. Reporters sans frontières et Human Rights Watch appellent le chancelier Merz à aborder ce sujet avec fermeté.

Le chancelier Merz n’a pas prévu de rencontres avec des représentants de l’opposition turque, privilégiant un dialogue direct avec le président Erdoğan. Son programme prévoit un dépôt de gerbe au mausolée de Kemal Atatürk, le fondateur de la République turque, une réception officielle avec les honneurs militaires, des discussions approfondies, une conférence de presse et un dîner avec les épouses des deux dirigeants.

Conflit à Gaza

La situation à Gaza, où un cessez-le-feu fragile a été conclu récemment avec l’aide des États-Unis, sera un point central des discussions. Merz et Erdoğan devraient échanger sur les moyens de stabiliser le cessez-le-feu et de relancer le processus de paix, notamment en ce qui concerne le désarmement du Hamas, une organisation avec laquelle la Turquie entretient des contacts.

Guerre d’Ukraine

La Turquie, qui entretient des relations à la fois avec la Russie et l’Ukraine, a joué un rôle de médiateur dans le conflit. Cependant, il est peu probable que la rencontre entre Merz et Erdoğan débouche sur une nouvelle initiative de paix, les efforts étant actuellement concentrés sur l’observation des actions du président américain Donald Trump.

Migration

Le gouvernement allemand espère obtenir le soutien de la Turquie pour accélérer le retour des demandeurs d’asile déboutés, au nombre de 22 560 (près de 10 % du total des personnes concernées en Allemagne). Il souhaite également renforcer la coopération avec Ankara pour faciliter le retour des réfugiés syriens dans leur pays d’origine.

Coopération en matière d’armement

Après une interdiction totale des exportations d’armes vers la Turquie imposée en 2016 en raison de l’intervention turque en Syrie, le gouvernement Scholz avait levé cette restriction l’année dernière. Cette politique est poursuivie par le gouvernement Merz, qui a récemment approuvé un accord d’un milliard de dollars pour la livraison de 20 avions de combat Eurofighter à la Turquie, un symbole fort de cette nouvelle coopération militaire. D’autres projets communs en matière d’armement devraient être finalisés prochainement.

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