La bataille pour la domination technologique s’intensifie entre Microsoft et Alphabet, avec des perspectives de croissance divergentes qui attirent l’attention des investisseurs. Si Alphabet a connu une progression plus rapide cette année, les fondamentaux solides de Microsoft et sa position de leader dans l’IA pourraient bien en faire le premier à atteindre la barre des 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Selon les analystes du Wall Street Journal, Microsoft est actuellement privilégié par rapport à Alphabet. L’objectif de cours moyen pour l’action Alphabet (GOOGL) suggère une croissance de seulement 9 %, passant de 311,36 $ à 334,69 $ par action. En revanche, les analystes anticipent une hausse de près de 30 % pour Microsoft (MSFT), avec un objectif moyen de 630,33 $ par action, contre 484,92 $ actuellement.
Cette préférence pour Microsoft est notamment alimentée par le déploiement réussi de l’intelligence artificielle par l’entreprise, grâce à son partenariat stratégique avec OpenAI. Dan Ives, de Wedbush Securities, a récemment réitéré sa recommandation de surperformance pour Microsoft, avec un objectif de prix de 625 $. Cependant, la dynamique a évolué en décembre, avec l’émergence de Gemini d’Alphabet comme leader dans les tests de référence en matière d’IA.
À l’heure actuelle, Alphabet affiche une capitalisation boursière de 3,75 billions de dollars, légèrement supérieure aux 3,60 billions de dollars de Microsoft. La question demeure : laquelle de ces deux géantes technologiques franchira en premier le cap des 4 000 milliards de dollars ?
Un point de vigilance pour Microsoft réside dans l’adoption de son système d’exploitation Windows 11. Bien que Windows domine toujours le marché des ordinateurs de bureau avec près de 70 % de part de marché (contre 13,1 % pour Apple et 3 % pour Linux, selon Statcounter), l’entreprise est absente du marché mobile, où Android de Google détient une part de marché de près de 72 %.
La fin du support de Windows 10, prévue en novembre 2025, pourrait exercer une pression sur l’adoption de Windows 11. La part de marché de ce dernier est passée de 55,18 % en octobre à 53,7 % en novembre, et certains utilisateurs expriment leur mécontentement sur les réseaux sociaux, perçevant Windows 11 davantage comme une plateforme de monétisation que comme une amélioration significative. Même Dave Plummer, un ancien ingénieur Microsoft Windows, a souligné la nécessité pour l’entreprise de restaurer la confiance dans son système d’exploitation.
Cependant, cette perception négative pourrait être trompeuse. La baisse de l’adoption de Windows 11 pourrait être due à la rétention d’appareils secondaires, utilisés pour des tâches moins exigeantes. De plus, l’intégration de fonctionnalités d’IA, telles que Copilot et Recall, est essentielle pour répondre aux besoins des entreprises. Le segment Intelligent Cloud de Microsoft a ainsi connu une croissance de 28 % au dernier trimestre, atteignant 30,9 milliards de dollars, tandis que Microsoft 365 Commercial a progressé de 17 % sur un an, pour atteindre 33 milliards de dollars.
La menace potentielle de Linux, avec une part de marché mondiale plafonnée à 3-4 %, semble limitée. Même si Valve, avec son SteamOS et ses nouveaux produits Steam Machine et Steam Frame (VR) prévus pour début 2026, connaissait un succès retentissant, cela ne représenterait qu’une part infime des 1,5 milliard d’appareils Windows en circulation.
Le véritable enjeu se situe dans la course à l’IA. Google Cloud (GCP) a enregistré une croissance de 34 % au troisième trimestre, atteignant 15,2 milliards de dollars, tandis qu’Azure de Microsoft a progressé de 28 % à 30,9 milliards de dollars. Microsoft détient actuellement 20 % du marché mondial du cloud, derrière Amazon, tandis qu’Alphabet se situe à la troisième place avec 13 %.
Alphabet mise sur plusieurs stratégies pour combler cet écart : développer Gemini comme modèle d’IA multimodal le plus rentable, conclure des partenariats stratégiques (comme avec Anthropic, soutenu par Amazon), positionner GCP comme la plateforme privilégiée pour les développeurs d’IA grâce à son Agent Development Kit (ADK) et sa plateforme Vertex, et exploiter ses unités de traitement Tensor (TPU) pour l’IA, en concurrence directe avec Nvidia.
Bien qu’Alphabet gagne du terrain dans le domaine de l’IA, il reste difficile pour l’entreprise de convertir les utilisateurs gratuits de Google Workspace (Docs, Gmail, Meet) en clients professionnels. C’est là que Microsoft, avec sa suite d’outils de productivité (Word, Excel, PowerPoint) solidement ancrée dans les entreprises et les administrations, dispose d’un avantage considérable. Le coût et la complexité d’une migration vers un autre écosystème constituent un obstacle majeur.
La marge brute de Microsoft, bien que légèrement en baisse (69 %), reflète les investissements massifs de l’entreprise dans l’IA, qui devraient stimuler la croissance future d’Azure. Les réservations commerciales de Microsoft ont augmenté de 112 % sur un an, avec un reste à exécuter (RPO) de 392 milliards de dollars, en hausse de 51 % sur un an.
Depuis le début de l’année, l’action GOOGL a surperformé MSFT, avec une hausse de 63 % contre 16 %. Les investisseurs semblent prêts à accorder une prime à Alphabet pour son contrôle sur son infrastructure cloud et pour la capacité de Gemini à apaiser les inquiétudes concernant une éventuelle bulle spéculative dans le secteur de l’IA. Cependant, la position dominante de Microsoft et la solidité de ses revenus issus de l’IA en font un choix plus fiable à long terme, dans la course aux 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Les investisseurs devraient donc envisager d’investir dans les deux entreprises, car elles exercent un contrôle centralisé sur le paysage numérique. Palantir, avec ses plateformes d’IA spécialisées, représente également une option intéressante, mais dans un créneau plus restreint et axé sur la sécurité.
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