Publié le 2024-02-29 14:35:00. Microsoft sonde les administrateurs de son serveur de messagerie Exchange pour évaluer leur intérêt pour une intégration de son assistant d’intelligence artificielle Copilot, une initiative qui suscite des inquiétudes quant à la confidentialité des données.
- Microsoft interroge les administrateurs sur l’acceptabilité de partager certaines données d’Exchange Server avec le cloud pour activer Copilot.
- De nombreux administrateurs privilégient une infrastructure sur site précisément pour éviter le transfert de données sensibles vers les serveurs de Microsoft.
- L’enquête explore les fonctionnalités souhaitables de Copilot pour Exchange, tout en tenant compte des exigences de conformité et de sécurité.
Microsoft poursuit son offensive pour intégrer l’intelligence artificielle Copilot dans l’ensemble de son offre logicielle, et son serveur de messagerie Exchange n’échappe pas à cette stratégie. L’entreprise a lancé une enquête auprès des administrateurs système pour jauger leur intérêt pour une version de Copilot fonctionnant directement sur leurs serveurs Exchange sur site.
L’enquête, relayée sur le blog de la communauté Microsoft Exchange, pose notamment la question cruciale de savoir si les organisations seraient disposées à autoriser le transfert de certaines données de leurs serveurs Exchange vers le cloud pour permettre le fonctionnement de Copilot. Une question qui risque de susciter des réticences.
Nombre d’administrateurs ont choisi de maintenir une infrastructure Exchange sur site pour des raisons de sécurité et de contrôle des données. L’idée de devoir partager des informations sensibles avec le cloud de Microsoft pourrait donc se heurter à une forte opposition. L’enquête le reconnaît implicitement en demandant quelles sont les exigences non négociables en matière de conformité réglementaire, de protection des données et de sécurité.
L’enquête explore également les fonctionnalités que Copilot pourrait apporter à Exchange, telles que la synthèse d’e-mails ou la surveillance de l’état du serveur. Elle propose trois options concernant l’utilisation actuelle de Microsoft 365 Copilot : « Oui, une grande partie de nos employés utilisent déjà M365 Copilot », « Nous sommes dans une phase d’adoption précoce et quelques utilisateurs utilisent déjà Copilot » et « Pas encore ». L’absence d’une option clairement négative est notable.
Récemment, The Register a interrogé l’assistant Copilot sur les fréquentes pannes d’Exchange Online. La réponse a pointé du doigt des erreurs de configuration, des versions défectueuses et des « vulnérabilités plus profondes dans l’architecture cloud de Microsoft ». Un aveu implicite qui ne manquera pas d’alimenter les craintes de ceux qui préfèrent conserver le contrôle de leurs données.
L’enquête de Microsoft ne garantit en aucun cas que Copilot deviendra une option pour Exchange Server sur site. Elle permet néanmoins à l’entreprise de recueillir des informations précieuses sur les préoccupations et les attentes des administrateurs, et mérite donc d’être complétée. À l’avenir, il ne serait pas surprenant de voir apparaître des messages du type : « Hé, on dirait que vous essayez d’exécuter un serveur de messagerie sans envoyer vos données au cloud de Microsoft. Souhaitez-vous de l’aide pour cela ? »
