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Migraine en été, les facteurs qui l’aggravent et comment prévenir les crises pendant les vacances

by Sophie Martin

Publié le 17 janvier 2024 à 22h20. La migraine, bien plus qu’un simple mal de tête, touche plus d’un milliard de personnes dans le monde et peut être exacerbée par les chaleurs estivales et l’exposition au soleil. Comprendre les mécanismes en jeu et adopter les bons réflexes est essentiel pour mieux vivre avec cette pathologie neurologique.

  • La migraine est une maladie neurologique chronique qui se distingue du mal de tête commun.
  • Les personnes sujettes à la migraine sont particulièrement sensibles aux variations estivales, notamment la chaleur et la lumière intense.
  • Une approche personnalisée combinant traitements médicamenteux et habitudes de vie saines est cruciale pour gérer efficacement la migraine.

La migraine, affectant plus d’un milliard de personnes à l’échelle mondiale, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est une maladie neurologique chronique souvent sous-estimée. En Argentine, près de 9,5 % de la population en souffre, d’après l’étude Global Burden of Disease. Elle se différencie fondamentalement du mal de tête ordinaire, qui peut avoir plus de 300 causes différentes, allant de la grippe à une infection virale.

Les personnes vivant avec la migraine constatent souvent une sensibilité accrue pendant l’été. Le cerveau réagit de manière particulière à la chaleur extrême et à la lumière directe du soleil, augmentant ainsi le risque d’épisodes.

La docteure Maria Teresa Goicochea (MN 102.804), responsable de la clinique des céphalées du Fleni, explique que la migraine est une maladie neurologique héréditaire qui se manifeste par des épisodes récurrents pouvant durer de 4 à 72 heures. Durant ces crises, les patients peuvent ressentir divers symptômes qui entravent leur fonctionnement normal.

« Parmi ces symptômes, on retrouve un mal de tête d’intensité modérée à sévère, fréquemment localisé au milieu de la tête, avec une sensation lancinante, accompagné de nausées ou de vomissements, une sensibilité à la lumière ou au bruit. »

Maria Teresa Goicochea, responsable de la clinique des céphalées du Fleni

La migraine ne se résume pas à un simple mal de tête. Lors d’une crise, les personnes peuvent également ressentir des tensions dans la nuque, des difficultés de concentration, des sautes d’humeur, une perte d’appétit, des bâillements et une fatigue intense. Les symptômes varient d’une personne à l’autre et peuvent évoluer au cours de la vie.

Le docteur Natalia Larripa (MN 137574, MP 550561), neurologue au CHU Austral et membre de l’International Headache Society, précise que la migraine est un trouble neurologique chronique et complexe appartenant à la catégorie des céphalées primaires. Il s’agit de maux de tête qui ne sont pas causés par une autre maladie sous-jacente, mais qui constituent une affection en soi.

« Leur particularité est une hyperexcitabilité cérébrale, c’est-à-dire un cerveau avec une sensibilité accrue qui réagit de manière disproportionnée à des stimuli tels que la lumière intense, certains sons, les odeurs, les changements hormonaux, les troubles du sommeil ou les situations de stress. »

Natalia Larripa, neurologue au CHU Austral

Dans de nombreux cas, les crises sont invalidantes et nécessitent un isolement de l’environnement. Elles s’accompagnent souvent de photophobie (gêne à la lumière), de phonophobie (gêne au bruit) et d’osmophobie (inconfort face aux odeurs), ainsi que de nausées et d’intolérance aux mouvements.

La migraine est une pathologie très répandue, ayant un impact significatif sur la qualité de vie. L’OMS la place parmi les cinq maladies les plus invalidantes et l’identifie comme la principale cause de handicap chez les jeunes femmes.

Selon les critères diagnostiques établis par la Société internationale des maux de tête, un diagnostic de migraine nécessite au moins cinq crises de maux de tête d’une durée comprise entre 4 et 72 heures, accompagnées d’au moins deux des caractéristiques suivantes :

  • Localisation unilatérale
  • Qualité pulsatile
  • Intensité de la douleur modérée ou sévère
  • Aggravation ou aggravation par l’activité physique de routine
  • Présence d’au moins un des symptômes suivants : nausées et/ou vomissements, photophobie et phonophobie.

La docteure Goicochea souligne que chez certaines personnes, la chaleur, la luminosité, les changements brusques d’horaires, les perturbations du sommeil, les voyages, ou une alimentation irrégulière et une hydratation insuffisante peuvent rendre les crises de migraine plus fréquentes ou plus intenses.

Cependant, elle précise que d’autres personnes ressentent une amélioration pendant les vacances d’été, notamment celles qui se détendent après des examens, une surcharge de travail, ou qui régularisent leurs repas, leur activité physique et leur sommeil.

La docteure Larripa explique que, pendant l’été et les vacances en particulier, plusieurs facteurs déclencheurs de migraine augmentent. Il est donc essentiel pour les personnes souffrant de migraine de maintenir une routine quotidienne stable, en respectant des horaires réguliers pour le sommeil, les repas, l’hydratation et l’activité physique, afin de préserver la stabilité de leur système nerveux et de réduire le risque de crises.

« La chaleur intense et l’exposition au soleil favorisent la déshydratation, un déclencheur fréquent. Les changements d’horaires de sommeil, le changement de lit et d’oreiller lors de déplacements, les périodes prolongées en voiture, les repas irréguliers, une consommation accrue d’alcool ou une alimentation excessive, ainsi qu’une exposition prolongée à des lumières ou des stimuli intenses peuvent également déclencher des crises. »

En cas de suspicion de migraine, une première consultation peut être effectuée auprès d’un médecin généraliste qui évaluera la situation et orientera vers un neurologue ou un spécialiste des céphalées si nécessaire.

Le traitement de la migraine nécessite une stratégie globale et personnalisée, combinant divers outils thérapeutiques. Il commence par une éducation et une compréhension de la maladie, associées à des habitudes de vie saines telles qu’une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, un sommeil réparateur et des techniques de gestion du stress.

Selon la docteure Goicochea, il est également important d’avoir un traitement aigu efficace, c’est-à-dire des médicaments pour contrôler les symptômes de la crise, visant à soulager la douleur en quelques heures, à réduire les nausées et les vomissements et à permettre une reprise des activités normales.

La docteure Larripa souligne l’importance d’une approche divisée en trois piliers : traitement aigu, traitement préventif pharmacologique et traitement préventif non pharmacologique. L’objectif du traitement aigu est de soulager la crise lorsqu’elle survient, en stoppant la douleur le plus tôt possible pour éviter qu’elle ne s’aggrave ou ne se prolonge. Les deux spécialistes évoquent l’utilisation d’analgésiques simples pour les épisodes légers et, dans les cas modérés ou sévères, de médicaments spécifiques tels que les triptans ou les gépants.

Concernant le traitement préventif, la docteure Goicochea précise qu’il est indiqué lorsque la fréquence des crises dépasse un jour par semaine ou si les crises ne sont pas suffisamment contrôlées par les médicaments et les mesures d’hygiène de vie. Elle énumère plusieurs options, allant des médicaments classiques tels que le topiramate, le propranolol, l’amitriptyline et la flunarizine, aux thérapies plus récentes comme les anticorps monoclonaux (frémanezumab ou erenumab) administrés par voie sous-cutanée tous les 30 jours en Argentine, et le halétal administré par voie orale. Elle mentionne également l’application de toxine botulique pour la migraine chronique, réalisée sur 31 points crâniens tous les 3 mois.

La docteure Larripa ajoute que le traitement préventif pharmacologique est envisagé lorsque les crises sont fréquentes, difficiles à contrôler et ont un impact sur la qualité de vie. Elle souligne également l’importance des mesures non pharmacologiques : maintenir des horaires de sommeil et de repas réguliers, rester bien hydraté, éviter les jeûnes prolongés, modérer la consommation de caféine et d’alcool, pratiquer une activité physique régulière et gérer le stress sont des éléments clés.

En outre, identifier les déclencheurs personnels – certains aliments, le manque de sommeil, le stress, les changements hormonaux – et les éviter autant que possible permet de réduire la fréquence des crises.

La migraine est une pathologie chronique incurable, mais les progrès des neurosciences ont permis de disposer de divers outils thérapeutiques nouveaux et spécialisés pour moduler efficacement la maladie. Une approche personnalisée, combinant ces trois piliers et un suivi médical régulier, permet à de nombreuses personnes de retrouver un bien-être et de ne plus voir leur vie conditionnée par cette pathologie.

La docteure Larripa recommande, pour prévenir la migraine en été, de maintenir une bonne hydratation tout au long de la journée, d’éviter l’exposition au soleil aux heures les plus chaudes et de se protéger en portant des lunettes de soleil et un chapeau.

La docteure Goicochea recommande également de prendre quatre repas équilibrés par jour, d’éviter une consommation excessive de café et d’alcool, de dormir régulièrement et de pratiquer des activités favorisant la relaxation.

« Il est également important de maintenir autant que possible une routine en termes d’heures de repas et de sommeil, d’éviter les excès alimentaires, de pérenniser une routine d’exercice régulière, de modérer sa consommation d’alcool, de rechercher des environnements frais et d’éviter une exposition prolongée à la chaleur », ajoute la docteure Larripa.

Elle conseille également, dans certains cas, de choisir des destinations de vacances en tenant compte des facteurs climatiques. « Si les crises deviennent plus fréquentes, plus intenses ou si leurs caractéristiques changent, il est important de consulter un médecin. »

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