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Mobilisation contre la vie chère : climat globalement calme pour l’acte III

La France vit un samedi sous haute tension à l'occasion de l'acte III de la mobilisation sociale contre la vie chère.

À Lyon, on observe de premiers affrontements entre black blocs et forces de l’ordre

La France vit un samedi sous haute tension à l’occasion de l’acte III de la mobilisation sociale contre la vie chère. Le ministère de l’Intérieur dénombre 15 000 manifestants lors de 65 actions recensées à 14 heures, dans un climat globalement calme malgré des perturbations de transports et des restrictions drastiques.

Le 31 octobre 2026 s’annonce comme une journée critique pour l’exécutif, qui redoute des débordements similaires aux violences enregistrées deux semaines plus tôt. Alors que la fête d’Halloween bat son plein, les autorités ont mobilisé un dispositif de sécurité exceptionnel de 70 000 policiers et gendarme sur l’ensemble du territoire national. Les services de l’État anticipent jusqu’à 350 actions et tablent sur une participation comprise entre 350 000 et 450 000 personnes, selon les informations transmies par une source policière citée par l’AFP, tandis qu’une autre source policière évoque selon l’Agence France-Presse un « climat pré-insurrectionnel ». L’entourage du ministre de l’Intérieur s’inquiète en outre de l’utilisation sur les réseaux sociaux des termes « révolution » et « insurrection », comme le rapporte Medias24.

Le bras de fer judiciaire autour du parcours parisien

À Paris, la contestation s’est jouée en grande partie dans les tribunaux. Le Conseil d’État a tranché en faveur de la préfecture de police en confirmant l’interdiction du défilé initialement prévu entre la place de la Bastille et la place de la Nation, selon une ordonnance consultée par l’Agence France-Presse. La plus haute juridiction administrative a ainsi invalidé la décision du tribunal administratif de Paris qui avait donné raison la veille aux syndicats, parmi lesquels figurent l’Unef et la CGT, dont les représentants s’étaient félicités d’avoir gagné au tribunal d’après 20 Minutes.

Le cortège officiel s’élance donc en périphérie est de la capitale, empruntant un itinéraire strict fixé entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton. Pour sécuriser cette artère, la RATP applique des mesures drastiques : plus de 40 stations du métro parisien sont fermées dès 5h30, tandis que d’autres fermetures interviennent en cours de journée, notamment dans les secteurs de Châtelet et des Halles.

La stratégie de sécurisation et les restrictions locales

Face au risque de dégradations qui pèse sur les commerces, les préfets de plusieurs régions ont multiplié les arrêtés d’interdiction et les couvre-feux. De plus, le réseau des chambres de commerce et d’industrie (CCI France) rappelle que sur les 2 500 commerces touchés lors des épisodes précédents, 600 n’ont pas rouvert en France, tandis que l’Alliance du commerce souligne des craintes renouvelées chez les commerçants.

D’autres villes adoptent des mesures coercitives ciblées. La préfecture de l’Isère instaure un couvre-feu de 23 heures à 6 heures dans plusieurs secteurs du centre de Grenoble ainsi que dans les zones commerciales environnantes. À Lyon, où le centre-ville conserve les stigmates des violences du 17 octobre et de l’incendie d’un bâtiment de l’office du tourisme, le défilé a été autorisé hors de l’hypercentre, tandis que la circulation des mineurs non accompagnés est interdite dans une partie de la presqu’île durant la nuit.

L’évolution de la mobilisation et les tensions sur le terrain

Le ministère de l’Intérieur fait état d’un reflux de la participation par rapport aux samedis précédents. Avec 15 000 manifestants recensés à 14 heures pour 65 actions, la mobilisation recule face aux 37 000 participants dénombrés lors de 108 actions le 24 octobre, et aux 67 000 manifestants enregistrés le 17 octobre. Toutefois, ce premier bilan provisoire ne comptabilise pas encore les défilés partis plus tard dans l’après-midi.

Mobilisation contre la vie chère : climat globalement calme pour l'acte III
Photo : Lemonde

Des heurts sporadiques éclatent néanmoins à mesure que la journée avance. Des tensions surviennent à Toulouse, à Marseille, à Rennes et à Nantes, tandis que la police fait usage de gaz lacrymogènes à Paris porte de Charenton et à Lyon place Jean-Macé.

Nos revendications sont un droit. Manifester dans la sûreté aussi.

Jean-Luc Mélenchon, candidat insoumis à la présidentielle

Les autorités maintiennent leur vigilance à l’approche de la tombée de la nuit, redoutant que les célébrations d’Halloween ne servent de couverture à des actions violentes, en dépit de l’interdiction stricte du port de masques dissimulant le visage aux abords des rassemblements.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.