Le Canada cherche à devenir le premier membre associé de l’Union européenne à l’issue du sommet de Montréal, une ambition affichée par Mark Carney mais dont les contours restent à définir d’ici juin prochain malgré des promesses d’échanges commerciaux et d’accès aux marchés.
Mark Carney a accueilli les dirigeants de l’Union européenne à Montréal pour négocier ce nouveau partenariat ambitieux que le premier ministre canadien qualifie de « phare pour les autres démocraties ». Le Cabinet du premier ministre a souligné dans une déclaration publiée dimanche que les relations entre le Canada et l’UE « constituent les relations officielles les plus anciennes que l’UE entretient avec un pays industrialisé ». Si Ottawa affiche sa volonté de se rapprocher du bloc européen, le premier ministre a lui-même reconnu que cela prendra encore des mois de négociations
pour aboutir à un pacte concret.
Le projet de membre associé et les chantiers ouverts à Montréal
L’objectif affiché par Ottawa est de tisser des liens étroits avec les Vingt-Sept en devenant le premier membre associé du club européen. En coulisses, les fonctionnaires fédéraux admettent toutefois qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un concept dont les contours précis restent à dessiner d’ici juin prochain, l’expression n’apparaissant même pas dans la déclaration finale de ce 21e sommet Canada–UE qui a accueilli une imposante délégation européenne dans la métropole.
Aujourd’hui, à l’occasion du 21e sommet à Montréal, les dirigeants du Canada et de l’UE ont lancé l’Alliance pour l’avenir du Canada et de l’UE, afin de créer un espace commun de prospérité et de sécurité économique.https://t.co/8UekLvNvGZ
Les discussions portent sur le développement des exportations de gaz liquéfié canadien vers l’Europe, un accord de coopération numérique, un renforcement de la collaboration dans l’Arctique et l’accès sécurisé aux minéraux critiques dont dépend l’industrie européenne, tout en complétant les efforts du Canada visant à « faire le pont » entre l’UE et le PTPGP.
Les retombées concrètes pour les citoyens et les programmes d’échanges
Une participation élargie du Canada au programme d’échanges étudiants Erasmus+ est ainsi envisagée, potentiellement dès 2027, ce qui permettrait aux jeunes Québécois de vivre leur propre Auberge espagnole grâce à ce programme européen.
Grâce à une alliance plus étroite entre le Canada et l’UE, les familles auront plus de choix et paieront moins cher. Les entreprises auront accès à de nouveaux marchés d’exportation. Les jeunes auront plus de possibilités de vivre, de travailler et d’étudier où ils le souhaitent. pic.twitter.com/IPQcRP8cQ4
Les dirigeants, incluant Ursula von der Leyen et António Costa selon les publications de la presse, ont également multiplié les promesses en matière d’emplois, d’échanges commerciaux accrus et de meilleur accès aux marchés. Ces mesures visent à offrir plus de choix, moins de coûts
aux consommateurs, selon la formule résumée par le premier ministre canadien à l’issue des travaux.
Les incertitudes économiques et géopolitiques qui pèsent sur l’alignement
Ce rapprochement stratégique avec l’Europe comporte toutefois des parts d’ombre et soulève de nombreuses questions quant aux coûts financiers et réglementaires pour Ottawa. L’économie européenne connaît une croissance modérée, affichant une hausse de son PIB réel de 1,1 % en 2024 et de 1,5 % en 2025, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 1,4 % en 2026, des chiffres en retrait par rapport à d’autres zones économiques mondiales comme l’Asie-Pacifique.

D’autres inconnues demeurent quant à la stabilité politique du vieux continent, marqué par des dirigeants d’extrême droite en ascension, des conflits internes entourant les budgets et l’Ukraine, ainsi qu’une poussée des mouvements populistes et eurosceptiques. L’évolution de la situation politique internationale, notamment l’hypothèse qu’en 2028 les démocrates reprennent la Maison-Blanche pendant que les populistes gagnent du terrain en Europe, pourrait compliquer la trajectoire choisie par le gouvernement canadien.
Nous lançons une nouvelle Alliance pour l’avenir : un partenariat qui réunira le Canada, l’UE et d’autres pays qui partagent nos vues pour aborder des enjeux communs et consolider notre force collective. pic.twitter.com/VTpiGJ7cYR
En savoir plus sur Le Canada
L’Union européenne est le deuxième partenaire commercial du Canada. Et alors que le monde devient de plus en plus incertain, nous faisons le choix de nous rapprocher.Aujourd’hui, à Montréal, nous avons lancé une Alliance pour l’avenir afin de bâtir sur ce qui nous unit. 🇨🇦🇪🇺 pic.twitter.com/0X8Mi50Zfk