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Ne pas faire d’exercice physique est un facteur de risque d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 26 février 2024 10:32:00. Une étude internationale révèle que l’activité physique régulière pourrait retarder l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer de plusieurs années chez les personnes à risque, soulignant l’importance cruciale du mode de vie pour la santé cérébrale.

  • Marcher au moins 5 000 à 7 500 pas par jour est associé à un retard de sept ans dans l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer chez les personnes présentant des marqueurs biologiques de la maladie.
  • Même une activité physique modérée, comme marcher entre 3 000 et 5 000 pas par jour, peut retarder le déclin cognitif de trois ans.
  • L’étude confirme un lien entre un nombre de pas quotidien plus élevé et un ralentissement de l’accumulation de protéines Tau, un facteur clé dans le développement de la maladie.

Une simple promenade quotidienne pourrait être un allié précieux dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. C’est la conclusion d’une vaste étude menée par des chercheurs australiens, canadiens et américains, dont les résultats ont été publiés ce lundi dans la revue Nature Medicine. L’étude a suivi pendant 14 ans près de 300 personnes présentant des signes précoces de la maladie, sans symptômes cliniques apparents, mais avec une accumulation significative de protéines Tau et bêta-amyloïdes dans le cerveau – des indicateurs de risque.

L’objectif des scientifiques était de déterminer si l’activité physique, même à un niveau modéré, pouvait influencer la progression de la maladie. Les résultats sont sans appel : un lien direct a été établi entre le nombre de pas quotidiens et la vitesse de déclin cognitif.

Les personnes marchant moins de 3 000 pas par jour et présentant des niveaux élevés de bêta-amyloïde dans le cerveau ont montré un déclin cognitif plus rapide que les participantes et participants plus actifs. À l’inverse, celles et ceux qui atteignaient entre 3 000 et 5 000 pas par jour bénéficiaient d’un retard moyen de trois ans dans la perte de leurs capacités cognitives et fonctionnelles. Le bénéfice est encore plus marqué pour les personnes les plus actives, avec un retard moyen de sept ans pour celles et ceux marchant au moins 5 000 à 7 500 pas par jour.

« Nos résultats montrent qu’augmenter le nombre d’étapes, même légèrement, peut contribuer à ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer chez les personnes présentant un risque élevé de la développer. »

Jasmeer Chhatwal, neurologue au Mass General Brigham

Selon le Dr Chhatwal, cette découverte pourrait expliquer pourquoi certaines personnes à risque d’Alzheimer présentent une détérioration cognitive plus rapide que d’autres, et ouvre la voie à l’utilisation de modifications du mode de vie comme stratégie thérapeutique.

L’étude s’est appuyée sur les données de 296 participants âgés de 50 à 90 ans issus de la Harvard Brain Aging Study, qui ne présentaient aucun signe de déclin cognitif au début de l’étude. Les chercheurs ont utilisé une technique d’imagerie médicale non invasive, la tomographie par émission de positons (TEP), pour mesurer les niveaux de bêta-amyloïde et de Tau dans le cerveau des participants. L’activité physique a été quantifiée à l’aide de podomètres.

Les participants ont été suivis pendant une période allant de 2 à 14 ans (avec une moyenne de 9,3 ans), et un sous-groupe a subi des examens TEP réguliers pour suivre l’évolution des niveaux de protéine Tau. Les résultats ont confirmé que plus le nombre de pas quotidiens était élevé, plus le déclin cognitif était lent et plus l’accumulation de protéine Tau était faible, en particulier chez les personnes présentant des niveaux élevés de bêta-amyloïde au départ.

« Notre étude montre que chaque pas compte, et même une légère augmentation de l’activité entraîne une amélioration de la santé cérébrale et cognitive. Rester physiquement actif est une façon de protéger le cerveau. »

Wai-Ying Wendy Yau, neurologue au Mass General Brigham

Les chercheurs prévoient désormais d’approfondir leurs recherches pour identifier les aspects spécifiques de l’activité physique qui pourraient être les plus bénéfiques pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, ainsi que les mécanismes biologiques sous-jacents à cet effet protecteur. Ils estiment que ces travaux pourraient contribuer à la conception de futurs essais cliniques évaluant l’efficacité d’interventions basées sur l’exercice physique pour prévenir ou retarder le déclin cognitif chez les personnes âgées, en particulier celles présentant un risque élevé de développer la maladie d’Alzheimer.

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