Publié le 16 janvier 2026 à 19h26. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi voit sa popularité grimper malgré les pressions économiques de Pékin, suite à ses déclarations sur Taïwan, ce qui renforce sa position à l’approche d’élections législatives anticipées.
- Les représailles économiques chinoises, initialement destinées à forcer le Japon à revoir sa position sur Taïwan, ont eu l’effet inverse et ont consolidé le soutien public à Sanae Takaichi.
- Le taux d’approbation du gouvernement Takaichi atteint des niveaux élevés, avec 78,1 % de soutien selon un récent sondage.
- La Première ministre japonaise a annoncé son intention de dissoudre la Chambre des représentants avant la fin du mois, anticipant des élections qui pourraient renforcer la majorité parlementaire de son parti.
La Chine a réagi avec fermeté aux déclarations de Sanae Takaichi, qui avait évoqué la possibilité que le Japon invoque son droit à la légitime défense collective en cas d’attaque chinoise contre Taïwan. Pékin a dénoncé une « ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures et a mis en œuvre une série de mesures de rétorsion, notamment en appelant ses citoyens à éviter de voyager au Japon, en réduisant le nombre de vols aériens vers l’archipel et en retardant la levée des restrictions sur les importations de produits de la mer japonais.
Plus récemment, le ministère chinois du Commerce a annoncé un renforcement des contrôles sur l’exportation de biens à double usage vers le Japon, incluant les terres rares, un élément crucial pour l’industrie technologique. L’objectif affiché de Pékin était de faire pression sur le gouvernement Takaichi, jugé fragile en raison de l’absence de majorité absolue à la Chambre des représentants, et de l’amener à faire des concessions.
Or, selon Nikkei Asia, cette stratégie s’est retournée contre la Chine. Les mesures coercitives ont paradoxalement renforcé la popularité de Sanae Takaichi auprès de l’opinion publique japonaise. Un sondage mené par le Nihon Keizai Shimbun et TV Tokyo entre le 19 et le 21 décembre dernier révélait déjà un taux d’approbation de 75 % pour son gouvernement. Ce chiffre est monté à 78,1 % dans un sondage du Japan News Network (JNN) début janvier.
Forte de ce soutien, Sanae Takaichi a annoncé le 14 janvier son intention de dissoudre la Chambre des représentants avant la fin du mois. Les élections anticipées qui suivront devraient permettre au Parti libéral-démocrate (PLD) de regagner des sièges et de consolider sa position au pouvoir.
Les analystes de Nikkei Asia estiment que le gouvernement Takaichi ne pourra pas accorder beaucoup d’attention à l’amélioration des relations sino-japonaises pendant la campagne électorale, et que les restrictions chinoises sur les exportations de terres rares ne devraient pas devenir un enjeu majeur. L’administration de Xi Jinping, concentrée sur ses relations avec les États-Unis, semble sous-estimer l’importance de la diplomatie japonaise.
Selon Nikkei Asia, l’équipe de Xi Jinping considère Sanae Takaichi comme une dirigeante faible qui finira par céder aux pressions chinoises, une perception basée sur l’expérience passée de Pékin avec le Japon et une volonté de « donner une leçon » au gouvernement japonais. Cependant, cette analyse s’est avérée erronée, et la Chine a involontairement contribué à renforcer la position de la Première ministre.
La question des relations entre le Japon et la Chine pourrait donc être reléguée au second plan dans les prochaines semaines, alors que Sanae Takaichi se prépare à des élections anticipées pour renforcer sa majorité parlementaire. (Compilé par Hong Peiying) 1150116
Sanae Takaichi
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