Publié le 19 novembre 2025 à 18h56. Une étude américaine révèle que la perte d’odorat consécutive à une infection au Covid-19 peut persister longtemps après la guérison, souvent sans que les personnes touchées ne s’en rendent compte.
- Une étude menée par les National Institutes of Health américains et l’Université de New York a révélé que des déficits olfactifs mesurables peuvent persister deux ans après une infection au Covid-19.
- Près de deux tiers des personnes infectées qui n’avaient signalé aucun symptôme de perte d’odorat présentaient en réalité une déficience olfactive détectable par des tests cliniques.
- Les chercheurs recommandent de dépister systématiquement les troubles de l’odorat dans le cadre du suivi post-Covid, car une perte d’odorat prolongée peut affecter la qualité de vie et présenter des risques pour la sécurité.
New York – Des millions de personnes ayant contracté le Covid-19 ont pu constater une altération de leur odorat, un symptôme souvent temporaire. Cependant, une nouvelle recherche suggère que les séquelles olfactives peuvent être plus fréquentes et plus durables qu’on ne le pensait, et qu’elles passent souvent inaperçues. L’étude, menée par la Recover Initiative des National Institutes of Health en collaboration avec l’ Université de New York, a analysé les données de 3 525 participants.
Les scientifiques se sont intéressés au lien entre une infection au coronavirus et l’hyposmie, une diminution de la capacité à sentir les odeurs. Pour évaluer l’odorat des participants, ils ont utilisé le test UPSIT, un test de discrimination olfactive reconnu internationalement, consistant à identifier 40 odeurs différentes. « Nos résultats confirment que les personnes ayant eu le Covid-19 présentent un risque accru de développer un trouble de l’odorat », a déclaré la co-auteure de l’étude, le Dr Leora Horwitz.
L’âge moyen des participants était de 47,6 ans. Parmi les 2 956 personnes ayant eu le Covid-19, 1 393 ont signalé une altération ou une perte d’odorat après leur infection. Dans ce groupe, 80 % continuaient à présenter des résultats faibles au test olfactif clinique environ deux ans après l’infection. Parmi ceux-ci, 23 % souffraient d’une perte d’odorat sévère, voire totale.
Le constat le plus surprenant est que 66 % des personnes infectées qui n’avaient pas signalé de problèmes d’odorat présentaient également des résultats anormaux au test, révélant une déficience olfactive objective. Cette découverte souligne l’importance de ne pas se fier uniquement aux déclarations des patients pour évaluer l’impact du Covid-19 sur l’odorat.
Une perte d’odorat prolongée peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie, notamment en affectant l’appétit, le plaisir de manger et la capacité à détecter des dangers tels que la fumée ou les fuites de gaz. Les chercheurs soulignent également qu’elle peut augmenter le risque de dépression.
Les experts étudient actuellement différentes approches pour améliorer la capacité olfactive après une infection au Covid-19, notamment la supplémentation en vitamine A et l’entraînement olfactif structuré.
Par ailleurs, une récente étude a mis en évidence un lien entre une infection au Covid-19 pendant la grossesse et un risque accru de troubles du développement neurologique chez l’enfant. Les femmes ayant contracté le Covid-19 pendant leur grossesse sembleraient plus susceptibles de donner naissance à des enfants présentant des troubles neurologiques. (Source : NOW Lanes, Jamestor Karury) (jus)
