Publié le 2024-10-27 10:00:00. Le passage à un dépistage organisé du cancer du col de l’utérus basé sur le test ADN-VPH au Brésil nécessitera une augmentation significative des capacités de diagnostic et de traitement, selon une étude récente. Des disparités importantes existent déjà entre les régions en termes d’accès à ces procédures.
- Le taux de positivité au test ADN-VPH s’élève à 12,7 %, avec 3,4 % de cas liés aux HPV 16 et 18.
- En 2025, la mise en œuvre d’un programme national nécessiterait 8,2 millions de tests ADN-VPH, 759 000 cytologies réflexes, 506 000 colposcopies, 355 000 biopsies et 127 000 excisions cervicales.
- Des déficits importants en colposcopie, biopsies et excisions sont prévus dans tous les États brésiliens, avec des écarts allant jusqu’à -96,5 % par rapport à la demande estimée.
Une étude descriptive menée par Ribeiro et ses collègues, utilisant les données du programme PREVENTIVO de la municipalité d’Indaiatuba, dans l’État de São Paulo (2017-2023), a permis d’évaluer les besoins en procédures médicales liés à l’introduction du test ADN-VPH pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Le programme PREVENTIVO cible les femmes âgées de 25 à 64 ans. Les chercheurs ont analysé les performances des tests, ainsi que les taux de cytologie réflexe, de colposcopie, de biopsies, d’excisions cervicales et d’orientations vers des soins de haute complexité.
Les résultats de l’étude révèlent un taux de positivité au test ADN-VPH de 12,7 %, dont 3,4 % pour les HPV 16 et 18, considérés comme les plus à risque. Sur cette base, les chercheurs ont estimé les besoins annuels en procédures pour un déploiement national en 2025 : 8,2 millions de tests ADN-VPH, 759 000 cytologies réflexes, 506 000 colposcopies, 355 000 biopsies et 127 000 excisions. Ces estimations ont été établies en tenant compte des directives nationales et de la couverture offerte par les assurances santé complémentaires.
L’analyse comparative avec le nombre d’interventions réalisées en 2024 dans le cadre du dépistage opportuniste par cytologie (test Pap) a mis en évidence des déficits importants dans tous les États et régions du Brésil. Ces déficits sont particulièrement prononcés pour la colposcopie, la biopsie et l’excision, avec des différences atteignant -96,5 % par rapport à la demande prévue. Ces disparités soulignent la nécessité d’une planification et d’une allocation des ressources plus efficaces.
Selon les auteurs, la transition vers le dépistage par test ADN-VPH exige une restructuration de l’offre de procédures au sein du Sistema Único de Saúde (SUS), le système de santé public brésilien. Ils recommandent une planification régionalisée afin d’optimiser l’allocation des ressources et de réduire les inégalités d’accès aux soins. Une approche ciblée permettra d’assurer que toutes les femmes bénéficient d’un dépistage et d’un suivi adéquats pour prévenir le cancer du col de l’utérus.