Publié le 22 novembre 2025 à 12h31. Des recherches récentes lèvent le voile sur les mécanismes cérébraux impliqués dans la perte de poids induite par des médicaments comme le Mounjaro, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés et efficaces contre l’obésité.
- Une étude menée sur une patiente a révélé des modifications de l’activité cérébrale dans le noyau accumbens, centre du plaisir et de la récompense, sous l’effet du tirzépatide (Mounjaro).
- Ces changements semblent précéder les variations de l’appétit, suggérant la possibilité de détecter une perte d’efficacité du traitement avant qu’elle ne se manifeste.
- La compréhension accrue de l’impact de ces médicaments sur le cerveau pourrait conduire à de nouvelles stratégies pour lutter contre les fringales et maintenir une perte de poids à long terme.
La lutte contre l’obésité connaît actuellement un essor de nouveaux traitements, notamment des médicaments comme l’Ozempic, qui ont rapidement gagné en popularité. Cependant, au-delà des résultats esthétiques, des interrogations subsistent quant aux effets secondaires potentiels et à l’impact global de ces substances sur l’organisme. La science progresse néanmoins, permettant de mieux comprendre les mécanismes d’action de ces médicaments, qui apparaissent comme une avancée prometteuse pour de nombreux patients.
Ces traitements agissent généralement en imitant l’action du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), une hormone naturellement produite par le corps qui favorise la sensation de satiété. En augmentant artificiellement les niveaux de GLP-1, ces médicaments aident les patients à réduire leur apport calorique et à perdre du poids, bien qu’un risque de reprise de poids soit observé à l’arrêt du traitement. En savoir plus sur le GLP-1.
Jusqu’à récemment, l’impact direct de ces médicaments sur le cerveau n’avait été étudié que chez les animaux. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, a franchi une étape importante en observant, pour la première fois chez l’humain, l’effet du tirzépatide (Mounjaro) sur le centre de récompense cérébral. L’étude a été menée grâce à une “opportunité unique” : une patiente participant à deux essais cliniques simultanément.
L’étude s’est concentrée sur une femme de 60 ans souffrant d’obésité résistante aux traitements et de diabète de type 2. Cette patiente était déjà traitée avec du Mounjaro pour son diabète et participait également à un essai visant à traiter des troubles du comportement alimentaire. Des électrodes avaient déjà été implantées dans son noyau accumbens (NAc), permettant aux chercheurs d’enregistrer l’activité cérébrale pendant l’administration du médicament.
Les résultats ont révélé des changements significatifs dans l’activité du noyau accumbens, une région du cerveau impliquée dans le plaisir et la récompense. Au cours des premiers mois de traitement, la patiente a ressenti une diminution de ses envies alimentaires, corrélée à une absence de signal dans cette zone cérébrale, comme si le médicament “silenciait” le centre du plaisir. Cependant, après cinq à sept mois, même à la dose maximale de Mounjaro, les envies alimentaires sont réapparues, accompagnées d’une augmentation du signal dans le noyau accumbens, revenant aux niveaux observés avant le traitement.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que ces changements dans l’activité cérébrale ont précédé les variations de comportement. L’augmentation du signal dans le noyau accumbens semblait agir comme un signal d’alerte, annonçant une possible perte d’efficacité du médicament avant que la patiente ne ressente à nouveau des fringales incontrôlables. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, notamment le développement de capteurs capables de détecter ces changements cérébraux et d’alerter les patients ou les médecins.
Il est important de souligner qu’il s’agit d’une étude préliminaire menée sur une seule personne, et que ses conclusions doivent être interprétées avec prudence. Néanmoins, elle confirme l’importance du cerveau dans la régulation de l’appétit et de la perte de poids, et suggère que la modulation de certaines zones cérébrales pourrait être une stratégie prometteuse pour lutter contre l’obésité. Plus d’informations sur les effets et les risques de l’Ozempic.
Aux États-Unis, l’accès à ces médicaments devient progressivement plus facile, comme en témoigne un accord récent entre le gouvernement et les fabricants pour réduire leurs prix. Cependant, il est crucial de rappeler que ces médicaments ne sont pas une solution miracle et doivent être associés à des changements d’habitudes alimentaires et à une activité physique régulière pour obtenir des résultats durables.
Images | Shawn Jour Victoria Shes
Une nouvelle alternative à l’Ozempic en vue : une pilule pour éliminer les injections.
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