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Nous devrions chercher des solutions locales à nos problèmes mondiaux

Publié le 16 octobre 2024 19:58:00. Face à des défis économiques mondiaux interconnectés, une approche pragmatique et locale, axée sur l'innovation et la collaboration, pourrait offrir des solutions plus efficaces que les stratégies conventionnelles de coopération internationale ou…

Nous devrions chercher des solutions locales à nos problèmes mondiaux

Publié le 16 octobre 2024 19:58:00. Face à des défis économiques mondiaux interconnectés, une approche pragmatique et locale, axée sur l’innovation et la collaboration, pourrait offrir des solutions plus efficaces que les stratégies conventionnelles de coopération internationale ou de régulation centralisée.

  • La Chine a démontré le potentiel des politiques industrielles vertes pour réduire les coûts des énergies renouvelables.
  • L’avenir de l’emploi réside principalement dans les services, nécessitant des politiques dédiées à la qualité de l’emploi plutôt que de tenter de restaurer le secteur manufacturier.
  • Des initiatives locales, impliquant des acteurs publics et privés, peuvent stimuler la productivité et favoriser une croissance plus inclusive dans les pays en développement.

Le monde est confronté à une triple crise économique : l’érosion de la classe moyenne et ses conséquences sur la démocratie, la nécessité d’accélérer la transition écologique, et l’urgence de réduire la pauvreté et de favoriser la croissance dans les pays en développement. Dans un contexte international marqué par la montée de l’autoritarisme et les conflits, ces objectifs semblent plus difficiles à atteindre que jamais. Pourtant, des initiatives concrètes, menées sur le terrain par des décideurs pragmatiques, offrent des perspectives encourageantes.

La clé pour résoudre ces problèmes réside dans un changement structurel de l’économie. Des politiques industrielles et d’innovation modernisées apparaissent comme les leviers les plus prometteurs pour progresser sur les trois fronts. L’exemple de la Chine est particulièrement éclairant. Ses politiques industrielles vertes ont permis une baisse significative des coûts de l’énergie solaire et éolienne, ainsi que des batteries électriques. Ce succès n’est pas le fruit d’un contrôle direct des émissions ou d’une coopération mondiale, mais d’une approche locale et nationale axée sur la stimulation de l’innovation et la transformation structurelle, grâce à une collaboration étroite entre entreprises et différents niveaux de gouvernement.

La réduction du coût des énergies renouvelables rend désormais plus réaliste l’abandon progressif des combustibles fossiles et la réduction directe des émissions. Cependant, la transition verte à elle seule ne suffira pas à résoudre la crise de la classe moyenne dans les pays développés, ni à créer des emplois significatifs dans les secteurs modernes des pays les plus pauvres. Ces deux objectifs nécessitent des politiques spécifiques axées sur la qualité de l’emploi.

Il est illusoire de vouloir inverser le déclin de la part du secteur manufacturier dans l’emploi mondial. L’avenir de l’emploi se situe principalement dans les secteurs non échangeables de l’économie, tels que les soins, la vente au détail, les services personnels et la restauration. Ces emplois ne requièrent généralement pas de diplôme universitaire, ce qui implique que l’investissement dans l’éducation seul ne sera pas suffisant. Il est nécessaire de développer des politiques comparables aux politiques industrielles vertes chinoises, mais dédiées à l’innovation technologique et organisationnelle dans les segments de l’économie à forte intensité de main-d’œuvre.

Des exemples inspirants existent déjà, comme les coalitions de développement réunissant responsables politiques locaux, organisations à but non lucratif et entreprises privées, telles que The Right Place à Grand Rapids, dans le Michigan, ou le Virginia Economic Development Partnership. L’administration Biden a d’ailleurs amplifié de telles initiatives avec ses programmes de défis régionaux.

Dans les pays en développement, les stratégies doivent tenir compte du caractère informel de l’emploi et de la petite taille des entreprises. Néanmoins, des initiatives prometteuses émergent, comme un concours au Nigeria offrant une aide financière et un accompagnement aux jeunes entrepreneurs, un partenariat avec des plateformes de covoiturage en Inde pour accroître l’emploi des chauffeurs locaux dans l’État de l’Haryana, ou une application numérique gratuite pour les vendeurs ambulants de Bogotá, en Colombie, facilitant la coordination et l’approvisionnement sur les marchés de gros.

Ces initiatives, bien que différentes des politiques industrielles vertes ou des programmes de développement régional, reposent sur un état d’esprit similaire : privilégier la collaboration entre acteurs publics et privés, et se concentrer sur l’amélioration de la productivité comme garantie d’emplois de qualité. Multipliées à grande échelle, ces approches peuvent poser les fondations d’une croissance plus inclusive que le modèle traditionnel d’industrialisation axée sur l’exportation, qui n’est de toute façon plus viable.

Enfin, il est souvent tentant d’imputer nos difficultés au manque de coopération mondiale. Si une coopération internationale accrue en matière d’aide, de règles commerciales et d’engagements climatiques est souhaitable, il est crucial de reconnaître qu’une part importante des solutions aux défis climatiques, à la crise de la classe moyenne et à la pauvreté peut être mise en œuvre au niveau national et local, par des décideurs agissant dans l’intérêt de leurs parties prenantes immédiates.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.