Le Parti démocratique populaire (PDP) de l’État d’Enugu se remobilise après le passage au All Progressives Congress (APC) du gouverneur Peter Mbah et de plusieurs membres de son équipe, affirmant sa volonté de rester un acteur majeur de la vie politique nigériane d’ici 2027.
L’annonce de la défection, survenue la semaine dernière, a suscité une onde de choc. Cependant, lors d’une conférence de presse organisée au siège du PDP, le président par intérim de l’État, Steve Oruruo, a cherché à relativiser l’impact de ces départs et à mettre en avant la résilience du parti.
« Beaucoup de nos membres restent fidèles, d’autres reviennent vers nous, et certains sont en pleine réflexion quant à leur engagement », a-t-il déclaré, soulignant que la situation est loin d’être figée.
Oruruo a insisté sur l’importance du travail de terrain, souvent peu médiatisé, qui est essentiel pour reconstruire une dynamique politique. Cela implique, selon lui, des réunions, des campagnes de collecte de fonds et un recrutement actif de nouveaux militants. Le PDP d’Enugu s’efforce déjà de « galvaniser » ses troupes, afin d’éviter une désertion massive suite aux défections récentes.
Le responsable a reconnu les difficultés rencontrées par le parti, mais a promis des primaires transparentes et légitimes, garantissant que les candidats seraient choisis en fonction de leur soutien à la base et non en fonction de considérations internes. « Nous choisirons des candidats que la base peut soutenir, et pas seulement ceux désignés par quelques figures influentes », a-t-il affirmé.
Le PDP ne compte pas pour autant saisir la justice pour contester ces défections, une décision qui témoigne, selon Oruruo, d’une confiance dans la capacité du parti à reconquérir l’opinion publique par une meilleure organisation et une stratégie politique efficace. Il a également évoqué le pragmatisme, soulignant la lenteur et l’incertitude des procédures judiciaires.
Les réactions à ces défections sont diverses : certains membres ont choisi de quitter le parti, d’autres sont restés fidèles et s’apprêtent à se battre, tandis que d’autres préfèrent observer la situation avant de prendre position. Oruruo a indiqué que certains avaient même exprimé leur intention de rejoindre ou de revenir au PDP en vue des prochaines élections.
Le PDP d’Enugu tente de changer le récit, passant d’un discours de perte à un message de reconstruction. L’objectif est de rassurer les donateurs, les militants et les électeurs sur la pertinence du parti. « Nous sommes déjà passés par là, et nous pouvons le faire à nouveau », a-t-il insisté.
Si les promesses sont faciles à faire en politique, les mettre en œuvre est une autre affaire. Oruruo a souligné la nécessité de reconstruire, d’attirer des candidats compétents et de maintenir l’unité au sein du parti. La tâche est ardue, mais le PDP se montre déterminé à relever le défi.
Plusieurs éléments seront cruciaux dans les mois à venir : la manière dont le PDP organisera ses primaires et ses congrès, l’engagement de la base et la capacité du parti à former des alliances stratégiques. Les médias suivront de près cette évolution, et l’opinion publique sera influencée à la fois par les symboles et par les actions concrètes du PDP.
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