Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a dressé un bilan positif de son mandat lors de son dernier discours sur l’état de l’État, mettant en avant une économie florissante, une politique d’immigration stricte et des mesures pour garantir l’intégrité des élections. Ce discours marque également l’ouverture d’une session législative où plusieurs enjeux majeurs seront abordés, notamment la fiscalité et la sécurité.
« Nous avons obtenu d’excellents résultats et établissons la norme à suivre pour le reste du pays », a affirmé M. DeSantis le 13 janvier, alors qu’il préparait le terrain pour une session législative axée sur des allégements fiscaux, un possible abaissement de l’âge d’accès aux armes à feu, la réduction du coût des médicaments sur ordonnance et un redécoupage électoral.
Le gouverneur a annoncé la convocation d’une session spéciale dédiée au redécoupage électoral le 20 avril, tout en suggérant la possibilité d’une autre session pour réformer le système d’imposition foncière. Ces annonces interviennent alors que M. DeSantis a mis fin à sa campagne pour l’investiture républicaine à la présidence, et qu’il est constitutionnellement empêché de briguer un troisième mandat de gouverneur.
Concernant les chiffres avancés par le gouverneur, une vérification des faits a été menée. Il a notamment affirmé que la Floride a contribué de manière significative à la création d’emplois aux États-Unis ces dernières années. Selon ses données, l’État représente environ 6,5 % de la population américaine, mais a généré plus de 14 % des nouveaux emplois créés depuis 2020. Nos vérifications confirment cette tendance : entre janvier 2020 et aujourd’hui, la Floride a créé 971 400 emplois, soit près de 13 % des 7,5 millions d’emplois créés aux États-Unis sur la même période. Si l’on considère la période débutant en janvier 2021, la part de la Floride s’élève à environ 8,3 %.
M. DeSantis a également insisté sur la politique rigoureuse de son administration en matière d’immigration. Il a affirmé que la Floride est le seul État à exiger une coopération totale avec les autorités fédérales dans le contrôle de l’immigration, ce qui a conduit à l’arrestation de près de 20 000 immigrants en situation irrégulière. Ces chiffres sont corroborés par les données disponibles, qui montrent que la Floride a été un acteur majeur dans les opérations d’expulsion, notamment grâce à l’opération « Tidal Wave », une initiative conjointe avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Plus de 10 400 arrestations ont été effectuées dans le cadre de cette opération, et 9 600 autres grâce à des accords permettant aux forces de l’ordre locales d’appliquer certaines lois fédérales sur l’immigration.
Cependant, une analyse du Miami Herald révèle que parmi ces 20 000 personnes arrêtées, plus de 4 800 n’avaient commis que des infractions liées à l’immigration, sans être accusées ou condamnées pour d’autres crimes. Un quart des personnes arrêtées avaient des antécédents pénaux, tandis que les autres étaient confrontées à des accusations en cours, souvent pour des infractions mineures.
Par ailleurs, le gouverneur a mis en avant les efforts de son administration pour améliorer les salaires des enseignants. Il a déclaré que la Floride offre désormais le salaire minimum moyen le plus élevé de la région du Sud-Est, avec un investissement total de près de 6 milliards de dollars (environ 5,5 milliards d’euros) dans ce domaine. Cette affirmation est exacte, mais nécessite quelques nuances. Une loi signée en 2020 a fixé un salaire de départ minimum de 47 500 $ (environ 43 500 euros) pour les enseignants, mais les enseignants expérimentés bénéficient de moins d’augmentations, ce qui maintient le salaire moyen global de la Floride en dessous de celui d’autres États de la région, comme la Géorgie.
Enfin, M. DeSantis a évoqué un témoignage rapporté par CNN, dans lequel un membre d’un réseau de cambrioleurs aurait déclaré préférer commettre des vols à New York plutôt qu’en Floride, en raison de la sévérité des sanctions pénales dans ce dernier État. Des experts en application de la loi ont cependant souligné le caractère anecdotique de ce témoignage.
Du côté de l’opposition, la leader démocrate à la Chambre des représentants de Floride, Fentrice Driskell, a souligné que « le coût de la vie est le problème numéro un auquel les Floridiens sont confrontés », une préoccupation confirmée par un sondage récent de l’Université de Floride atlantique, qui révèle que 90 % des résidents s’inquiètent de l’inflation et 80 % de l’accessibilité au logement. Près de la moitié des personnes interrogées ont même envisagé de quitter l’État en raison de ces difficultés financières.
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