Publié le 2024-05-03 14:27:00. Une étude suédoise vise à comprendre les motivations et les freins des femmes enceintes face à la vaccination contre la grippe, la coqueluche et d’autres maladies, afin d’améliorer la couverture vaccinale et de réduire les inégalités d’accès.
- Les chercheuses de l’Institut Karolinska interrogeront 40 femmes ayant accouché, vaccinées ou non, sur leurs raisons.
- L’étude examinera également le rôle des professionnels de santé dans l’accompagnement des femmes enceintes.
- Des disparités importantes existent en Suède en matière de vaccination pendant la grossesse, tant géographiques que socio-économiques.
L’Institut Karolinska a lancé une vaste étude qualitative, baptisée VIPS-Q (Vaccination in Pregnant Study – Qualitative), pour explorer en profondeur les facteurs qui influencent les décisions des femmes enceintes concernant la vaccination. Cette recherche s’inscrit dans un projet plus large, VIPS, qui inclut également des travaux sur la sécurité et l’efficacité des vaccins.
L’équipe de recherche, dirigée par la professeure associée Anne Örtqvist, épidémiologiste clinique et spécialiste en obstétrique et gynécologie, mènera des entretiens approfondis avec environ 40 femmes, entre trois et douze mois après leur accouchement. Les participantes seront recrutées via le site internet de l’institut et grâce aux cliniques de sages-femmes. La moitié des femmes interrogées auront été vaccinées contre la grippe, le virus respiratoire syncytial (VRS), la COVID-19 et/ou la coqueluche pendant leur grossesse, tandis que l’autre moitié n’aura pas été vaccinée.
L’objectif est de mieux comprendre le raisonnement des femmes enceintes face à la vaccination. Quels sont les éléments qui les incitent à se faire vacciner ? Quel rôle jouent l’accessibilité, les aspects pratiques, les informations fournies par les sages-femmes ? Quels obstacles rencontrent-elles et quels facteurs facilitent leur décision ? Des discussions de groupe seront également organisées avec des médecins et des sages-femmes afin d’évaluer leur perception de la vaccination pendant la grossesse et leur rôle dans la prise en charge des hésitations et l’amélioration de l’adhésion.
Selon les chercheurs, il existe actuellement un manque de données nationales sur les profils des femmes enceintes qui acceptent ou refusent la vaccination en Suède. Il est cependant établi que la couverture vaccinale varie considérablement d’une région à l’autre et selon les groupes de femmes enceintes.
« En approfondissant notre connaissance des raisons qui motivent les décisions des femmes enceintes en matière de vaccination, nous espérons créer les conditions nécessaires pour accroître la couverture vaccinale et la rendre plus équitable », explique l’équipe de recherche. « Les vaccins recommandés sont sûrs et efficaces, et il est essentiel que le plus grand nombre possible de femmes enceintes et de nouveau-nés puissent bénéficier de leur protection. »
L’étude s’intéressera également à l’influence de la peur de nuire au bébé sur les décisions de vaccination. « C’est, entre autres, un aspect que nous souhaitons explorer », précise l’équipe. « Une information claire et précise est cruciale pour aider les femmes enceintes à prendre des décisions éclairées, et la sage-femme joue souvent un rôle central dans cet accompagnement. »
En ce qui concerne les inégalités d’accès, il est important de noter que les vaccins contre la grippe et la coqueluche sont gratuits pour les femmes enceintes. Cependant, la vaccination contre le VRS, proposée à environ 2 000 couronnes suédoises (environ 180 euros), est susceptible de créer des disparités socio-économiques. L’Agence de la santé publique suédoise étudie actuellement la possibilité de recommander la vaccination contre le VRS pour les femmes enceintes, comme alternative au traitement par anticorps monoclonaux (Beyfortus) proposé aux nouveau-nés.
Les entretiens avec les femmes ayant accouché se dérouleront au printemps 2026, suivis des discussions de groupe avec les professionnels de santé à l’automne. L’analyse des données prendra au moins six mois, et les premiers résultats sont attendus en 2027.