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Nouvelle étude : la douleur chronique et l’hypertension artérielle vont de pair

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2024 14:35:00. Une étude britannique révèle un lien significatif entre la douleur chronique et le développement de l’hypertension artérielle, soulignant l’importance d’une prise en charge globale des patients souffrant de douleurs persistantes.

  • Les personnes souffrant de douleurs chroniques sont jusqu’à 75 % plus susceptibles de développer une hypertension artérielle.
  • L’étendue de la douleur – le nombre de zones du corps touchées – est directement corrélée au risque d’hypertension.
  • La dépression et l’inflammation chronique pourraient expliquer en partie ce lien.

La douleur chronique ne se contente pas d’affecter la qualité de vie ; elle peut avoir des conséquences graves sur la santé cardiovasculaire. Une vaste étude menée au Royaume-Uni sur plus de 200 000 participants pendant 13,5 ans a mis en évidence une association frappante entre les douleurs persistantes et le développement de l’hypertension artérielle.

Selon les résultats, les personnes ayant vécu avec des douleurs chroniques pendant plusieurs années présentent un risque accru de 75 % de développer une hypertension. Plus la douleur est diffuse et touche de nombreuses parties du corps, plus ce risque est élevé.

« Plus la douleur chronique est diversifiée et plus elle touche de zones du corps, plus le risque que les patients développent également une hypertension artérielle est élevé. »

Jill Pell, Département de santé publique de l’université de Glasgow

Les chercheurs suggèrent que plusieurs facteurs pourraient expliquer ce lien. La douleur chronique est souvent associée à la dépression, un état connu pour augmenter le risque d’hypertension. De plus, la douleur chronique peut induire une inflammation généralisée dans l’organisme, ce qui peut également contribuer à l’augmentation de la tension artérielle. Enfin, la consommation prolongée d’analgésiques, souvent utilisée pour gérer la douleur chronique, peut également jouer un rôle.

L’étude s’est appuyée sur les données de la UK Biobank, une vaste cohorte de plus de 500 000 adultes âgés de 40 à 69 ans vivant en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles. L’analyse a porté sur 206 963 participants, dont 61,7 % étaient des femmes, avec un âge moyen de 54 ans. 35,2 % des participants ont signalé souffrir de douleurs musculo-squelettiques chroniques, 62,2 % de douleurs chroniques dans une partie du corps et 34,9 % de douleurs chroniques dans deux à trois zones du corps.

Au cours de la période de suivi de 13,5 ans, près de 10 % des participants ont développé une hypertension artérielle. Les personnes souffrant de douleurs chroniques touchant plusieurs régions du corps ont présenté le risque le plus élevé (augmentation de 75 %), tandis que la douleur à court terme était associée à une incidence d’hypertension 10 % plus élevée. Une douleur chronique localisée (une seule région du corps) entraînait une augmentation de 20 % du risque.

Des douleurs abdominales chroniques étaient associées à un risque accru de 43 %, les maux de tête chroniques à 22 %, et les douleurs persistantes au cou ou aux épaules à 19 %. Les douleurs chroniques à la hanche et au dos étaient associées à des augmentations de 17 % et 16 % respectivement. La dépression (présente chez 11,3 % des participants) et l’inflammation (0,4 % des participants) expliquaient ensemble 11,7 % de l’association entre la douleur chronique et l’hypertension.

Daniel Jones, président de l’American Heart Association (https://www.heart.org/), souligne l’importance de ces découvertes : « On sait que la douleur peut augmenter la tension artérielle à court terme, mais nous en savons moins sur la manière dont la douleur chronique affecte la tension artérielle. Cette étude renforce cette compréhension et révèle un lien entre le nombre de zones du corps touchées, l’inflammation et la dépression. »

Les experts recommandent une prise en charge globale de la douleur chronique, tenant compte de l’impact potentiel sur la tension artérielle. Il est crucial de dépister et de traiter précocement la dépression chez les patients souffrant de douleurs chroniques, et d’évaluer attentivement l’utilisation d’analgésiques, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui pourraient contribuer au développement de l’hypertension.

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