Publié le 27 octobre 2025 21:01:00. Les recommandations nationales de suivi après un cancer du sein évoluent, allégeant la charge pour certaines patientes tout en maintenant une surveillance personnalisée et attentive. Ce changement, rendu possible par de nouvelles études et une législation européenne favorisant l’échange de données médicales, vise à optimiser les soins et à réduire l’anxiété des patientes.
- Le suivi après traitement du cancer du sein sera réduit de cinq à trois ans pour les patientes de plus de cinquante ans, en fonction de leur profil de risque.
- Après ces trois ans, les patientes éligibles rejoindront le programme national de dépistage organisé, avec un examen tous les deux ans.
- L’approche devient plus individualisée, prenant en compte les caractéristiques spécifiques de la tumeur, l’âge au diagnostic et d’autres facteurs propres à chaque patiente.
Jusqu’à récemment, toutes les femmes ayant terminé leur traitement contre le cancer du sein bénéficiaient d’un suivi annuel pendant cinq ans. Cependant, des recherches internationales récentes ont démontré que le risque de récidive locale diminue considérablement après trois ans sans signe de maladie, en particulier pour certains types de cancer. Au-delà de cette période, la découverte de nouvelles tumeurs lors des contrôles devient rare.
Ce constat a conduit à une révision des directives nationales, permettant de proposer un parcours de suivi plus adapté. La nouvelle législation européenne sur l’échange de données de santé (European Health Data Space (EHDS)) facilite également cette transition en permettant un partage plus fluide des informations médicales entre les hôpitaux et les programmes de dépistage.
L’accent est désormais mis sur une évaluation individualisée des risques. Au lieu d’un suivi standardisé basé uniquement sur l’âge, les spécialistes prendront en compte des facteurs tels que les caractéristiques de la tumeur, l’âge au moment du diagnostic et d’autres éléments spécifiques à chaque patiente.
Pour de nombreuses femmes, la période de suivi post-traitement est source d’inquiétude. Cette nouvelle approche vise à réduire cette anxiété.
« Nous pouvons désormais raccourcir cette période de stress de deux ans pour certaines patientes de plus de cinquante ans, ce qui est un avantage pour le patient. »
Spécialiste du cancer du sein
Il est reconnu que certaines patientes peuvent ressentir un besoin de sécurité lié à un suivi plus long. Une communication claire et un accompagnement personnalisé seront essentiels pour les aider à s’adapter à ce nouveau protocole.
« Pour certaines patientes, le suivi sur cinq ans donne un sentiment de sécurité. Elles doivent s’habituer à l’ajustement sur trois ans ; cela donne aux patientes une sorte de “tenir le coup”. Une bonne explication à ce sujet est utile. »
Spécialiste du cancer du sein
En cas d’inquiétude persistante après les trois ans, ou si une patiente ressent un changement suspect, il est important de consulter son médecin traitant. Si nécessaire, celui-ci pourra orienter la patiente vers un spécialiste.
Après ces trois années, les femmes âgées de 50 à 75 ans pourront intégrer le programme national de dépistage du cancer du sein, qui propose un examen tous les deux ans. Pour les patientes de moins de cinquante ans, ou dans des situations particulières, le spécialiste du cancer du sein qui les a suivies discutera avec elles du plan de suivi le plus approprié.
En plus du suivi médical, une attention particulière sera portée à l’accompagnement psychosocial des patientes, afin de les aider à gérer les conséquences du cancer sur leur vie personnelle, familiale et professionnelle. Des orientations vers des soutiens adaptés seront proposées si nécessaire.
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