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Nouvelle recherche : le jeûne intermittent a beaucoup moins d’effet qu’on ne le pensait

Publié le 12 novembre 2025 à 14h00. Le régime du jeûne intermittent, vanté pour ses bienfaits sur la santé, pourrait être moins efficace qu'on ne le pensait. Une nouvelle étude allemande remet en question son impact sur le…

Nouvelle recherche : le jeûne intermittent a beaucoup moins d’effet qu’on ne le pensait

Publié le 12 novembre 2025 à 14h00. Le régime du jeûne intermittent, vanté pour ses bienfaits sur la santé, pourrait être moins efficace qu’on ne le pensait. Une nouvelle étude allemande remet en question son impact sur le métabolisme et la santé cardiovasculaire.

  • Une étude menée par l’Institut allemand pour la nutrition humaine n’a trouvé aucun effet significatif du jeûne intermittent sur le métabolisme ou la santé cardiaque, à condition que l’apport calorique reste constant.
  • L’heure à laquelle on mange influence l’horloge biologique, affectant le sommeil et le rythme circadien.
  • Le contrôle du bilan énergétique (calories consommées par rapport aux calories dépensées) reste la clé pour perdre du poids et améliorer sa santé.

Longtemps présenté comme une solution miracle pour perdre du poids et améliorer sa santé, le jeûne intermittent suscite de plus en plus d’interrogations. Cette pratique, qui consiste à concentrer son alimentation sur une fenêtre horaire limitée, promettait une perte de poids facile, sans avoir à compter les calories ou à suivre un régime strict. Cependant, une récente étude menée par des chercheurs allemands vient nuancer ces affirmations.

L’étude, réalisée par l’Institut allemand pour la nutrition humaine (DIfE) de l’Université de Médecine de Berlin – Charité, a impliqué 31 femmes en surpoids. Sous la direction du professeur Olga Ramitch, les participantes ont été réparties en deux groupes : un groupe mangeait entre 8h et 16h, tandis que l’autre groupe mangeait entre 13h et 21h. Les repas étaient soigneusement équilibrés, avec un apport calorique et une composition nutritionnelle identiques pour tous les participants. Pendant deux semaines, les chercheurs ont mesuré les taux de glycémie, les valeurs de graisse et la sensibilité à l’insuline. Résultat : aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes.

« Nos résultats suggèrent que les bienfaits pour la santé observés dans les études précédentes sont probablement dus à une réduction involontaire de l’apport calorique, plutôt qu’à la période de repas raccourcie elle-même. »

Olga Ramitch, Professeur à l’Institut allemand pour la nutrition humaine

Si le jeûne intermittent ne semble pas avoir d’impact direct sur le métabolisme, les chercheurs ont néanmoins constaté un effet intéressant sur l’horloge biologique. L’heure à laquelle les participantes prenaient leurs repas influençait leur rythme circadien. Les femmes qui mangeaient plus tard se sont endormies en moyenne quarante minutes plus tard et se sont réveillées plus tard que celles qui mangeaient plus tôt.

« L’heure à laquelle nous mangeons agit comme une sorte de signal pour notre rythme biologique, comparable à la lumière », explique la première auteure de l’étude, Beeke Peters. Cette étude suggère que l’heure des repas peut affecter le rythme circadien, mais pas nécessairement l’état de santé général.

La conclusion de l’étude est sans appel : pour perdre du poids ou adopter un mode de vie plus sain, il est essentiel de contrôler son bilan énergétique. Que l’on choisisse de sauter le petit-déjeuner ou de dîner tard, si l’apport calorique reste supérieur aux dépenses énergétiques, les résultats seront limités.

« Quiconque souhaite perdre du poids ou améliorer son métabolisme doit non seulement prêter attention au moment de la journée, mais surtout au bilan énergétique », résume le professeur Ramitch.

Le jeûne intermittent peut néanmoins offrir certains avantages, comme une meilleure structuration des repas ou une réduction des envies de grignotage. Cependant, il ne faut pas s’attendre à des miracles si l’on ne modifie pas les autres aspects de son alimentation. Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude à petite échelle et de courte durée. D’autres recherches ont montré des améliorations chez les personnes qui limitent leur fenêtre alimentaire. Le mot de la fin sur le jeûne intermittent n’a pas encore été prononcé, mais il est clair qu’il ne s’agit pas de la panacée universelle que l’on a parfois tendance à croire.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.