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Nouvelles connaissances sur l’expansion mondiale de Candida auris

by Sophie Martin

Publié le 31 décembre 2025 à 01h25. Une nouvelle étude alerte sur la propagation mondiale et l’augmentation de la virulence du champignon Candida auris, mais souligne également l’existence de stratégies pour lutter contre cette menace émergente et résistante aux médicaments.

  • Environ 6,5 millions de personnes sont touchées chaque année par des infections fongiques invasives, souvent mortelles.
  • Candida auris, identifié pour la première fois en 2009 au Japon, présente des mécanismes de résistance aux antifongiques et une capacité d’adaptation remarquable.
  • De nouvelles classes de médicaments antifongiques sont en cours de développement et pourraient bientôt être disponibles.

Le champignon Candida auris, une menace fongique de plus en plus préoccupante pour la santé publique, se répand à l’échelle mondiale et gagne en agressivité, selon une étude récente menée par des chercheurs du Hackensack Meridian Center for Discovery and Innovation (CDI). L’étude, publiée dans la revue Microbiology and Molecular Biology Reviews, fait le point sur les dernières avancées et les besoins en mycologie pour l’année 2025.

Neeraj Chauhan, Ph.D., du CDI, a collaboré à cette recherche avec Anuradha Chowdhary, Ph.D., experte en mycologie médicale de l’Université de Delhi et pionnière dans l’identification de C. auris comme une menace majeure en Inde dès 2014, et Michail Lionakis, MD, Sc.D., chef du programme de mycologie clinique aux National Institutes of Health, reconnu mondialement pour ses travaux sur l’immunologie fongique.

Les chercheurs soulignent que les infections fongiques invasives affectent environ 6,5 millions de personnes chaque année, avec des taux de mortalité élevés. Candida auris a été identifié pour la première fois en 2009 à partir d’un échantillon prélevé sur l’oreille d’un patient au Japon et s’est depuis propagé à travers le monde. Certains scientifiques suggèrent que le changement climatique pourrait jouer un rôle dans son émergence et sa dissémination.

L’étude met en évidence les particularités de la paroi cellulaire de C. auris, qui lui confère une résistance accrue aux médicaments et facilite son interaction avec l’hôte. Le champignon a également développé des stratégies cellulaires sophistiquées pour survivre, notamment la capacité de passer d’une forme de levure à une forme filamenteuse, de former des agrégats multicellulaires et de modifier son expression génétique en fonction de son environnement.

Par ailleurs, C. auris possède une aptitude remarquable à coloniser la peau humaine, ses protéines de paroi cellulaire agissant comme une sorte d’adhésif qui lui permet de s’attacher aux cellules des mammifères et même aux surfaces non vivantes. Bien que l’organisme hôte développe des mécanismes de défense, le champignon est capable de contourner la réponse immunitaire. Cependant, les chercheurs estiment que de nouvelles stratégies de vaccination et de traitement sont envisageables.

Actuellement, quatre classes de médicaments antifongiques sont disponibles, développées principalement dans la seconde moitié du XXe siècle, avec des niveaux d’efficacité variables. Trois nouveaux médicaments sont en phase d’essai ou ont été récemment approuvés et devraient être disponibles prochainement.

Le diagnostic de C. auris reste un défi, car les tests de laboratoire conventionnels conduisent souvent à une identification erronée avec d’autres levures apparentées, ce qui retarde et complique le traitement. Néanmoins, la prise de conscience de cette menace croissante s’accroît et la recherche s’intensifie pour répondre aux besoins cliniques.

« Dans l’ensemble, ces données soulignent la nécessité de développer de nouveaux agents antifongiques à large spectre, d’améliorer les tests de diagnostic et de mettre au point des approches complémentaires basées sur le système immunitaire et la vaccination pour le traitement des patients à risque », écrivent les auteurs. « De plus, il est essentiel de renforcer la surveillance des maladies fongiques, en particulier dans les pays à faibles ressources. »

Les chercheurs concluent que ces avancées devraient contribuer à améliorer les résultats et le pronostic des patients atteints d’infections fongiques opportunistes.

Source:

Référence de l’article :

Chowdhary, A., et al. (2025). Candida auris: Host interactions, antifungal drug resistance, and diagnostics. Microbiology and Molecular Biology Reviews. doi: 10.1128/mmbr.00187-22

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