Publié le 7 novembre 2023 20:53:00. L’administration américaine durcit les critères d’obtention de visas en introduisant une évaluation des conditions de santé des candidats, ainsi que de leur capacité financière à couvrir d’éventuels frais médicaux. Cette nouvelle politique, qui suscite des inquiétudes, pourrait limiter l’accès au territoire américain pour les personnes souffrant de certaines pathologies.
- Les États-Unis peuvent désormais refuser un visa en raison de problèmes de santé préexistants, tels que le diabète, l’obésité ou les maladies cardiaques.
- Les demandeurs devront prouver qu’ils disposent des ressources financières nécessaires pour faire face à leurs dépenses de santé sans recourir à l’aide gouvernementale.
- Des experts juridiques soulignent le risque d’interprétation subjective de l’état de santé des candidats par les agents des visas, qui ne sont pas des professionnels de la santé.
Washington a annoncé de nouvelles directives permettant aux autorités américaines de refuser des visas à des ressortissants étrangers en raison de leur état de santé. Cette décision, révélée par KFF Health News, marque un durcissement significatif de la politique d’immigration américaine.
Selon les nouvelles instructions adressées aux ambassades et consulats, les agents des visas devront évaluer si les demandeurs sont susceptibles de constituer une charge pour le système de santé américain. Les conditions médicales chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires, le cancer, le diabète, les maladies métaboliques et les troubles de santé mentale, seront particulièrement scrutées. Ces pathologies peuvent entraîner des coûts de traitement considérables, atteignant parfois des centaines de milliers de dollars (USD).
Les agents des visas sont également chargés de vérifier si les candidats sont en mesure de financer leurs soins médicaux sans avoir recours à l’assistance publique. La capacité financière du demandeur sera donc un élément déterminant dans l’évaluation de sa demande.
Cette nouvelle politique soulève des questions quant à son application et à son interprétation. Charles Wheeler, avocat principal du Catholic Legal Immigration Network, estime que ces directives pourraient être plus fréquemment utilisées pour les demandes de résidence permanente. Il met en garde contre le risque d’évaluation subjective de l’état de santé des candidats par des agents non formés médicalement.
« Même si les lignes directrices s’appliquent à tous les visas, elles sont plus susceptibles d’être utilisées dans les demandes de résidence permanente. »
Charles Wheeler, avocat principal du Catholic Legal Immigration Network
Sophia Genovese, avocate spécialisée en droit de l’immigration à l’Université de Georgetown, nuance cette analyse. Elle estime que ces directives pourraient aider les agents des visas à mieux évaluer les frais médicaux potentiels des candidats et leurs perspectives d’emploi aux États-Unis en fonction de leur état de santé.
« Les lignes directrices aideront les agents des visas à évaluer les frais médicaux des candidats et leurs chances d’obtenir un emploi aux États-Unis en fonction de leur état de santé. »
Sophia Genovese, avocate spécialisée en droit de l’immigration à l’Université de Georgetown
Le Département d’État américain n’a pas encore commenté publiquement ces nouvelles directives, mais leur mise en œuvre pourrait avoir des conséquences importantes pour les personnes souhaitant immigrer aux États-Unis.
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