L’alliance Opep+ a reporté à la mi-novembre son examen crucial des capacités de production pour fixer les quotas de 2027. Ce délai intervient alors que le conflit au Moyen-Orient perturbe l’expansion énergétique et que sept grands pays membres ont choisi de maintenir leur production inchangée pour novembre.
L’examen des capacités maximales de production durable, initialement prévu pour s’achever fin septembre 2026, a été repoussé à la mi-novembre selon des sources proches du dossier. Commandé par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés fin 2025, cet exercice doit servir de référence indispensable pour établir les futurs objectifs de volume de chaque membre.
La guerre américano-israélienne contre l’Iran, amorcée par des attaques à la fin du mois de février, a lourdement pesé sur les infrastructures énergétiques de la région. Ce conflit perturbe directement les projets d’expansion au Moyen-Orient et complique l’estimation du potentiel futur des nations productrices, d’après les informations rapportées.
Le gel des quotas de production pour novembre face à la flambée des prix
Lors d’une réunion ministérielle tenue par visioconférence, les sept principaux pays de l’Opep+ pratiquant des ajustements volontaires ont décidé de maintenir leur niveau global de production inchangé pour le mois de novembre. Ce sous-groupe rassemble l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan et Oman.

Pour l’Algérie, le volume autorisé demeure ainsi fixé à 1,007 million de barils par jour pour le mois de novembre. Cette stabilité de la politique de l’offre intervient alors que les tensions géographiques et la perturbation des flux font grimper les cours du brut au-delà de 100 dollars le baril, propulsant le Brent à des niveaux élevés.
Face à la flambée des coûts énergétiques et aux prix records du diesel à la pompe qui pénalisent les transporteurs et les consommateurs, le Groupe des Sept a annoncé son intention de libérer 100 millions de barils de pétrole et de produits raffinés dans les semaines à venir.
L’impact de la guerre sur les volumes réels de l’Opep+
Malgré les objectifs fixés par l’alliance, les exportateurs du Golfe peinent à atteindre leurs quotas complets en raison des hostilités. En août, les sept principaux producteurs ont pompé un total combiné de 25 millions de barils par jour.

Bien que ce volume représente une augmentation mensuelle de 630 000 barils par jour par rapport au mois de juillet, il reste inférieur d’environ 5 millions de barils par jour aux niveaux enregistrés en février, avant le déclenchement de la guerre. La production brute de l’Arabie saoudite a notamment chuté à son plus bas niveau depuis 1990, passant à 6,238 millions de barils par jour contre plus de 10 millions auparavant, selon les données disponibles.
L’évaluation indépendante confiée à DeGolyer and MacNaughton
Le cabinet de conseil américain DeGolyer and MacNaughton est chargé d’établir les estimations de capacité pour les membres de l’alliance, à l’exception de la Russie, de l’Iran et du Venezuela, qui subissent des sanctions américaines. Ce rapport d’évaluation, retardé par le contexte régional, n’atteindra pas l’Opep avant la mi-novembre.
Ce calendrier serré permettra néanmoins au groupe d’examiner les conclusions lors de sa prochaine réunion plénière prévue à la fin du mois de novembre. Cependant, plusieurs pays n’ont pas encore transmis l’ensemble des données requises, ce qui entretient l’incertitude autour de cet exercice politiquement sensible.
Des tensions internes persistent à ce sujet, marquées par le départ des Émirats arabes unis en mai et par les demandes répétées de l’Irak pour obtenir un quota supérieur.