Marine Le Pen a été condamnée ce mardi 7 juillet 2026 par la Cour d’appel de Paris pour détournement de fonds publics. Malgré une peine de trois ans de prison et une période d’inéligibilité, la cheffe du Rassemblement national a officialisé son maintien comme candidate à l’élection présidentielle de 2027.
Les détails de la condamnation pour détournement de fonds

La Cour d’appel de Paris a reconnu Marine Le Pen coupable d’avoir supervisé un système de détournement de fonds du Parlement européen. Entre 2004 et 2016, le parti, alors nommé Front national, a utilisé des fonds destinés aux assistants parlementaires pour rémunérer des employés travaillant en réalité pour le siège du parti à Paris. Selon Le Devoir, le montant détourné s’élève à plus de 4,4 millions d’euros, tandis que d’autres sources mentionnent 4,1 millions d’euros volés aux contribuables.
La sanction prononcée ce mardi est la plus sévère du groupe des onze accusés. Marine Le Pen écope de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, et d’une amende de 100 000 euros. La juge Michèle Agi a rappelé que l’instigateur d’un tel système est un complice plus dangereux que ceux qui apportent simplement leur aide.
L’enjeu majeur résidait dans la peine d’inéligibilité. Initialement fixée à cinq ans en mars 2025, elle a été réduite à 45 mois, dont 15 mois ferme. Comme cette période a débuté lors du premier jugement il y a plus de 15 mois, l’obstacle juridique à sa candidature est levé. Elle conserve son mandat de députée et peut briguer l’Élysée.
Le bras de fer sur le bracelet électronique

Si l’inéligibilité ne bloque plus sa route, la condamnation impose à Marine Le Pen le port d’un bracelet électronique pour une durée d’un an. Cette contrainte technique représentait un risque politique majeur pour la candidate de 57 ans, qui avait précédemment affirmé qu’il lui serait impossible de mener campagne sous surveillance.
Pour contourner cette obligation, Marine Le Pen a annoncé lors d’une interview sur TF1 son intention de former un pourvoi en cassation. Comme la Tribune rapporte, cette procédure suspend les effets de l’arrêt, lui permettant d’éviter le dispositif durant l’année à venir.
Je ferai donc campagne sans bracelet électronique. Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle.
Marine Le Pen, via la Tribune
L’issue finale dépendra désormais de la Cour de cassation, qui pourrait statuer avant le premier tour prévu le 18 avril 2027. En attendant, la candidate maintient qu’elle et son parti sont innocents des faits reprochés, tout en admettant que le parti avait commis une erreur.
Réactions politiques : entre “privilège” et “délinquance”
Le verdict a déclenché une vague de critiques, principalement issues de la gauche. Marine Tondelier, patronne des Écologistes, a dénoncé un traitement de faveur, affirmant sur X que Marine Le Pen a bénéficié d’une grande mansuétude.
“Aujourd’hui, j’aimerais donc que Marine Le Pen reconnaisse qu’elle est une privilégiée. Et qu’elle a eu droit à un traitement de faveur par rapport aux justiciables ordinaires.”
Marine Tondelier, patronne des Écologistes, via franceinfo
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a appelé à rejeter l’ensemble du Rassemblement national par les urnes, tandis que Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée, a qualifié la candidate de délinquante. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, s’est interrogé sur la compatibilité entre une telle condamnation et l’exemplarité requise pour la fonction présidentielle.
La configuration des forces pour 2027
Le maintien de Marine Le Pen redistribue les cartes et écarte l’hypothèse d’une candidature de Jordan Bardella pour le RN.
Le bloc central et la droite font face à des difficultés de fragmentation. Plusieurs figures se sont déjà positionnées :
- Jean-Luc Mélenchon (LFI) : A réagi à la condamnation en appelant à débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes.
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