L’or oscille actuellement autour de la barre des 4 000 $ (environ 3 700 €), tiraillé entre des forces contradictoires sur les marchés financiers. L’incertitude plane quant à l’orientation future des taux d’intérêt aux États-Unis et les tensions sur les marchés obligataires japonais pourraient bien déterminer la trajectoire du métal précieux à court terme.
Au cours des dernières séances, le prix de l’or est resté confiné dans une fourchette étroite, entre 4 000 $ et 4 100 $. Les graphiques montrent des mèches importantes sur les bougies, témoignant d’une lutte entre acheteurs et vendeurs. Ni les investisseurs optimistes, ni les pessimistes ne parviennent à prendre le contrôle de la situation.
Un possible catalyseur de hausse pour l’or réside dans un éventuel revirement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Après avoir adopté un ton belliqueux concernant les taux d’intérêt, la Fed pourrait assouplir sa position. Vendredi dernier, les marchés boursiers et le prix de l’or ont rebondi après que John Williams, de la Fed, ait souligné une augmentation des risques de ralentissement économique et une ouverture à des baisses de taux à court terme.
Les données économiques publiées vendredi n’ont pas apporté de réconfort. Si les prochains indicateurs économiques confirment une faiblesse de l’économie américaine, les marchés anticiperont davantage de baisses de taux en décembre, ce qui pourrait soutenir le prix de l’or.
Cependant, la confiance des investisseurs reste fragile. Malgré de bons résultats publiés par des entreprises comme Nvidia, les inquiétudes concernant les valorisations boursières, la hausse des rendements obligataires japonais et l’absence de nouveaux moteurs de croissance pèsent sur le moral des investisseurs.
L’effondrement du marché obligataire japonais est une source de préoccupation particulière. Un retournement des flux de capitaux pourrait affecter les marchés d’actions, de cryptomonnaies et même l’or, en particulier les positions financées par l’emprunt.
Sur le plan technique, l’or a réussi à se maintenir au-dessus du seuil important de 4 000 $ la semaine dernière, un signal positif malgré un contexte global décevant. Le marché est actuellement en phase de consolidation, avec un prix qui oscille autour de ce niveau de support tout en formant une série de plus hauts inférieurs. La pression à la baisse reste toutefois contenue.
Les analystes surveillent attentivement le niveau de 4 100 $, qui constitue la première zone de résistance majeure. L’or n’a pas clôturé au-dessus de ce niveau au cours des cinq dernières séances. Au-delà, une autre zone de résistance se situe entre 4 145 $ et 4 160 $, un niveau qui avait précédemment servi de support avant de céder du terrain lors de la récente vague de ventes.
À la baisse, un premier niveau de support se trouve autour de 4 040 $, un seuil testé à plusieurs reprises sans que le prix ne parvienne à le franchir à la baisse. Le niveau crucial de 4 000 $ reste la principale ligne de démarcation. Une cassure décisive de ce seuil pourrait déclencher de nouvelles ventes techniques.
En résumé, l’or est devenu un actif spéculatif dont l’évolution dépendra de la performance des actifs à risque. Si les actions continuent de baisser, l’or pourrait également être affecté, étant donné la corrélation positive qu’il a affichée avec l’indice S&P 500 ces dernières années. Le principal risque à court terme réside dans le dénouement potentiel des opérations de portage financées sur le yen, en raison de la chute des marchés obligataires japonais et de la hausse des rendements.
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