Home DivertissementOscar Winners Ben Proudfoot and Kris Bowers Talk ‘The Eyes of Ghana’

Oscar Winners Ben Proudfoot and Kris Bowers Talk ‘The Eyes of Ghana’

by Antoine Girard

Un cinéaste ghanéen oublié et des images d’archives longtemps cachées sont au cœur d’un nouveau documentaire qui promet de réécrire l’histoire de l’indépendance africaine. Réalisé par Ben Proudfoot et porté par une musique originale de Kris Bowers, The Eyes of Ghana explore l’héritage de Kwame Nkrumah, figure emblématique de la libération du continent.

Le film, présenté en avant-première au Festival international du film de Toronto (TIFF) puis à Middleburg, suit le travail de Chris Hesse, le cameraman personnel de Nkrumah. Hesse a secrètement exfiltré ses précieuses bobines de film du Ghana lorsque les autorités coloniales ont tenté de détruire toute trace du leader révolutionnaire, les cachant dans un coffre-fort londonien pendant des décennies, en attendant leur numérisation.

Pour Proudfoot, cette découverte a été une révélation. « J’étais en train de tourner un film pour l’UNICEF au Ghana pendant la pandémie de COVID-19, et j’ai vu ce bâtiment inhabituel avec une statue d’un homme pointant du doigt. J’ai demandé ce que c’était, et on m’a répondu que c’était le mausolée de Kwame Nkrumah. J’ai alors demandé : ‘Qui est Kwame Nkrumah ?’ Tous les Ghanéens dans le véhicule se sont retournés pour me regarder avec incrédulité », raconte le réalisateur.

L’histoire de Nkrumah, pionnier de l’industrie cinématographique ghanéenne, qui a créé un studio pour produire des œuvres représentant l’Afrique au-delà des clichés coloniaux, a captivé Proudfoot. « Si je dis ‘Voici un documentaire se déroulant en Afrique’, on a immédiatement certaines attentes, basées sur les documentaires qu’on a vus ou les reportages sur la faim dans le monde. Nkrumah voulait briser ces préjugés », explique-t-il.

La collaboration avec le compositeur Kris Bowers, déjà récompensé par un Oscar pour le court métrage The Last Repair Shop, s’est imposée naturellement. « C’est un travail considérable, six mois de ma vie. Mais ce projet me semblait faire partie intégrante de mon travail », a déclaré Proudfoot au festival de Middleburg.

Bowers, connu pour ses compositions pour Green Book, Bridgerton et le film d’animation The Wild Robot, a été particulièrement enthousiaste à l’idée d’explorer les sonorités africaines. Il a intégré des instruments traditionnels tels que le gyil (un xylophone à lattes), l’atenteben (une flûte en bambou) et le tambour parlant. « J’ai découvert que le gyil était souvent accordé en fonction de la voix du chanteur. Cela m’a inspiré à accorder les thèmes musicaux sur les tonalités de voix des personnages », précise-t-il.

Le film est produit par Higher Ground, la société de production de Barack et Michelle Obama, mais Proudfoot insiste sur l’importance de la numérisation de l’archive de Hesse plus que sur une sortie en salles rapide. « Il s’agit de préserver cette histoire, de ne pas la laisser disparaître dans 15 ans », souligne-t-il. « Il est essentiel de donner une place à ces récits africains, qui sont trop souvent ignorés ou considérés comme non pertinents. »

The Eyes of Ghana est actuellement à la recherche d’un distributeur américain.

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