Publié le 26 octobre 2023 10:15:00. L’ostéoporose, souvent silencieuse jusqu’à la survenue d’une fracture, touche des millions de personnes. Une nouvelle campagne britannique vise à sensibiliser le public et à encourager l’évaluation précoce des risques.
- Plus de 3,5 millions de personnes au Royaume-Uni sont concernées par l’ostéoporose.
- Une femme sur deux de plus de 50 ans risque de subir une fracture liée à cette maladie.
- La campagne « Great British Bone Check » propose un auto-évaluation en ligne pour identifier les facteurs de risque.
L’ostéoporose, caractérisée par une fragilité osseuse accrue, progresse souvent sans symptômes apparents. La maladie ne se manifeste généralement qu’après une fracture, souvent à la hanche, au poignet ou à la colonne vertébrale. Au Royaume-Uni, l’ampleur du problème est considérable : plus de 3,5 millions de personnes en souffrent, selon la Royal Osteoporosis Society (ROS). L’organisation tire la sonnette d’alarme, soulignant qu’une femme sur deux de plus de 50 ans est susceptible de subir une fracture en raison de cette maladie silencieuse.
Pour lutter contre cette progression discrète, la ROS, avec le soutien de la reine Camilla, a lancé une nouvelle initiative : « Great British Bone Check ». Il s’agit d’un questionnaire en ligne, accessible à tous, qui permet d’évaluer son niveau de risque en seulement trois minutes. L’objectif principal est de favoriser un diagnostic précoce et de prévenir les fractures avant qu’elles ne surviennent.
Julia Thomson, directrice des soins infirmiers de la ROS, a identifié cinq facteurs de risque majeurs, souvent méconnus du grand public.
Antécédents familiaux
« Le Great British Bone Check vise à identifier les facteurs de risque à un stade précoce, parmi lesquels les antécédents familiaux », explique Thomson.
Avoir un parent ayant subi une fracture de la hanche augmente significativement le risque de subir une blessure similaire. « Ce n’est pas aussi évident que dans d’autres maladies génétiques, mais il semble y avoir une prédisposition familiale », ajoute-t-elle.
Âge
La santé osseuse atteint son apogée vers l’âge de 30 ans, avant de commencer un déclin graduel.
« Durant l’enfance et l’adolescence, les cellules responsables de la formation osseuse sont plus actives que celles qui les décomposent. Vers 30 ans, un équilibre s’établit. À partir de 40 ans, les cellules de dégradation osseuse prennent le dessus », précise Thomson.
Bien que le vieillissement soit un facteur naturel, l’ostéoporose n’est pas réservée aux personnes âgées. « Elle peut toucher les femmes approchant la ménopause, et même les jeunes adultes, en particulier en présence d’une autre condition médicale sous-jacente qui augmente le risque », souligne la spécialiste.
Genre
« L’ostéoporose est plus fréquente chez les femmes, en partie parce qu’elles ont tendance à développer une masse osseuse moins importante que les hommes », explique Thomson.
La diminution des œstrogènes à la ménopause joue un rôle crucial, car cette hormone protège la densité osseuse. Il en résulte qu’environ la moitié des femmes ménopausées subiront une fracture au cours de leur vie.
Médicaments
L’utilisation prolongée de certains stéroïdes peut affaiblir les os.
« Certains stéroïdes sont indispensables pour traiter des affections telles que l’arthrite ou les maladies inflammatoires de l’intestin, mais ils peuvent affecter les cellules qui forment les os et réduire leur activité », explique Thomson.
Les médecins doivent donc toujours évaluer l’impact potentiel sur la santé osseuse lors de la prescription de ces médicaments.
Habitudes et mode de vie
« La consommation excessive d’alcool ou le tabagisme sont préjudiciables à la santé pour de nombreuses raisons, y compris leurs effets néfastes sur les os », avertit Thomson.
Le poids corporel est également un facteur : les extrêmes, qu’il s’agisse d’obésité ou de maigreur excessive, peuvent perturber la production d’œstrogènes et compromettre la densité osseuse. Une alimentation équilibrée, riche en calcium et en vitamine D, associée à une activité physique régulière, reste la meilleure stratégie préventive.
Diagnostic de l’ostéoporose
Le diagnostic commence par une consultation médicale pour évaluer les facteurs de risque individuels. Si nécessaire, une densitométrie osseuse est réalisée, permettant de comparer la solidité des os à des valeurs de référence.
« En cas de diagnostic d’ostéoporose, le médecin pourra prescrire un traitement médicamenteux pour réduire le risque de fractures », conclut Thomson.
