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Où était Zapatero ? – LA NATIONALE

by Nicolas Lefèvre

Publié le 12 janvier 2026 à 05h25. L’ancien chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, est au centre d’une polémique concernant son rôle auprès du régime vénézuélien, alors que des accusations de complicité avec des violations des droits humains et une crise humanitaire majeure refont surface.

  • Des critiques pointent du doigt le silence de M. Zapatero face aux arrestations massives d’opposants et à la répression violente au Venezuela.
  • Le bilan humain de la crise vénézuélienne, incluant plus de 10 000 exécutions extrajudiciaires présumées, soulève des questions sur l’inaction de l’ancien président espagnol.
  • Une campagne de réhabilitation de l’image de M. Zapatero est dénoncée, notamment en ce qui concerne son rôle dans la libération de prisonniers politiques.

La question n’est pas de savoir où José Luis Rodríguez Zapatero passait ses vacances – des photographies le montrant dans les montagnes d’El Pardo ont été publiées – ni s’il a choisi la République dominicaine et ses stations balnéaires luxueuses comme La Romana pour les fêtes de fin d’année. Le véritable enjeu, selon les critiques, est de savoir où se trouvait l’ancien chef du gouvernement espagnol, supposé conseiller du régime chaviste pendant une décennie, alors que ce dernier procédait à l’arrestation de milliers d’opposants et les soumettait à la torture. Il s’agit également de savoir quelle était sa position lorsque jusqu’à 400 Vénézuéliens ont perdu la vie lors de manifestations contre le pouvoir en place. Et surtout, où était-il alors que plus de huit millions de Vénézuéliens, contraints à l’exil dans des conditions souvent inhumaines, vivaient le plus grand exode politique de l’histoire de l’Amérique latine ?

Les interrogations se portent également sur la réaction de M. Zapatero face à l’effondrement économique du Venezuela, un pays riche en ressources naturelles, où 90 % de la population est désormais plongée dans la pauvreté absolue. Dans ce pays doté d’un immense potentiel minier, un enseignant ne gagnerait plus que l’équivalent de 2 dollars américains (environ 1,80 euro) par mois en bolivars.

Mais l’aspect le plus troublant, selon l’auteur de l’article original, est de savoir ce que faisait M. Zapatero alors que plus de 10 000 exécutions extrajudiciaires auraient été commises au Venezuela au fil des années – des “disparus”, comme on les appelait en Argentine et au Chili sous les dictatures de Videla (8 700 exécutions extrajudiciaires) et de Pinochet (un peu plus de 1 300). Selon les données des rapporteurs, le Venezuela dépasserait désormais les 10 000 cas. Un silence qui interroge.

L’auteur exprime son inquiétude face à ce qu’il perçoit comme un manque de sensibilité de certains dirigeants du socialisme espagnol à la souffrance d’autrui. Il s’interroge sur la sincérité de leurs déclarations pacifistes et se demande s’ils n’auraient pas été trop occupés à “compter les nuages” pendant que leurs “amis vénézuéliens” mettaient en place l’une des dictatures les plus cruelles de l’histoire récente.

L’auteur estime que la gauche espagnole, tant politique que médiatique, perd son temps en espérant que les Vénézuéliens comprendront ou adhéreront à leurs arguments. Il considère qu’il s’agit d’une question plus profonde.

Il dénonce également ce qu’il qualifie de campagne de blanchiment de l’image de M. Zapatero, notamment en lui attribuant des actions qu’il n’aurait pas entreprises. Il minimise l’importance de ses éventuelles implications économiques dans des affaires de corruption, mais souligne la gravité de son silence face à la tragédie vénézuélienne.

Il est jugé “obscène” d’entendre désormais que M. Zapatero aurait joué un rôle important dans la libération de prisonniers politiques espagnols – “illégalement détenus”, et non pas simplement “retenus” – alors qu’il aurait pu obtenir ces libérations avant même l’arrestation de Maduro aux États-Unis. Il est également mentionné qu’il aurait contribué à l’exil du gendre d’Edmundo González, tout en travaillant pour diverses entreprises.

Article publié dans le journal El Debate d’Espagne

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