Publié le 21 octobre 2025 à 18h45. L’OTAN a lancé un exercice nucléaire annuel de grande ampleur sur la base aérienne de Volkel aux Pays-Bas, une démonstration de force destinée à dissuader les adversaires dans un contexte international tendu.
- L’exercice Steadfast Noon rassemble soixante-dix avions de combat de treize pays et implique 2 000 participants.
- Les Pays-Bas prévoient d’investir 19 milliards d’euros supplémentaires par an dans la défense, conformément aux nouvelles directives de l’OTAN.
- L’OTAN cherche à accroître la transparence de ses activités pour renforcer le soutien public.
Le grondement assourdissant des moteurs a retenti au-dessus de la base aérienne de Volkel lorsque les premiers F-35 se sont élancés dans le ciel. C’est le signal du début de Steadfast Noon, l’exercice nucléaire annuel de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Pendant plusieurs jours, soixante-dix avions de combat de treize nations participeront à des manœuvres impliquant environ 2 000 militaires.
« Cette mission vise véritablement à démontrer que nous utiliserons réellement les armes nucléaires en cas de besoin extrême », a déclaré Marcel van Egmond, commandant de l’Air Combat Command. Ce commandement regroupe toutes les unités disposant d’avions de combat et de systèmes sans pilote.
Selon Van Egmond, cette démonstration de capacité est essentielle. « Si vous voulez dissuader, vous devez être bien entraîné et montrer que vous pouvez le faire, car ce n’est qu’alors que l’adversaire vous croira et y réfléchira à deux fois. »
« Les Russes observent »
Bien que personne ne veuille le confirmer explicitement, l’exercice est largement perçu comme une réponse aux actions de la Russie. « Et il est fort probable que les Russes observent », a affirmé le pilote Bram, commandant de l’exercice. L’OTAN a d’ailleurs invité les journalistes à assister à l’exercice pour la première fois, une démarche délibérée pour renforcer la transparence.
« Nous pensons qu’il est important de montrer à notre public ce que nous faisons, nous voulons être transparents. »
Daniel Bunch, chef du département nucléaire de l’OTAN
Pour illustrer l’exercice, quatre F-35 néerlandais et deux Tornados allemands ont décollé. Des bombes nucléaires factices sont utilisées lors des manœuvres, mais elles ne sont pas à bord des avions pour des « raisons de sécurité ».
19 milliards d’euros supplémentaires
L’été dernier, lors du sommet de l’OTAN à La Haye, les 32 alliés ont convenu d’allouer au moins 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense. Ce montant se répartit en 3,5 % pour les dépenses militaires et 1,5 % pour les questions liées à la défense, notamment le renforcement des infrastructures. Plus d’informations sur l’accord de La Haye.
Ces investissements massifs dans la défense étaient une exigence du président américain Donald Trump, qui estime que les Européens doivent assumer une plus grande part du fardeau de leur propre sécurité, après des années de coupes budgétaires.
« C’est exactement ce que nous défendons : notre démocratie et notre liberté d’expression. Chacun est autorisé à avoir sa propre opinion. »
Marcel van Egmond, commandant de l’Air Combat Command
Pour les Pays-Bas, cette augmentation représente un investissement supplémentaire d’environ 19 milliards d’euros par an dans la défense. Cette hausse des dépenses de défense est également un enjeu de la campagne électorale actuelle, soulevant la question de savoir comment ces fonds supplémentaires seront financés : augmentation des impôts, réduction des prestations sociales ou endettement ?
Renforcer le soutien
L’OTAN mise sur une plus grande transparence pour renforcer le soutien public à ses activités. De nombreuses vidéos sont diffusées sur les réseaux sociaux et sur le site Web de l’OTAN pour illustrer ses missions. « Nous tenons nos promesses dans des temps incertains, mais grâce à l’OTAN, vous pouvez être assurés que notre mode de vie est protégé », proclame l’une des vidéos, montrant un jeune garçon prenant son petit-déjeuner et caressant son chien.
Cette approche ne fait pas l’unanimité. La semaine dernière, cinq manifestants ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de creuser un tunnel sous la clôture de la base de Volkel. Ils souhaitaient planter des arbres au début de la piste et perturber l’exercice nucléaire.
« C’est précisément ce que nous défendons », a conclu le commandant Van Egmond. « Notre démocratie et notre liberté d’expression. Chacun a le droit d’avoir sa propre opinion. Nous en sommes très fiers aux Pays-Bas. »
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