Publié le 21 octobre 2025 17h29. Des bouleversements familiaux survenus durant la première année de vie, tels que le divorce ou une séparation, pourraient tripler le risque de développer du psoriasis à l’âge adulte, selon une vaste étude suédoise.
- Une étude longitudinale menée sur plus de 17 000 enfants révèle un lien significatif entre le stress précoce et le développement du psoriasis.
- Les changements dans la structure familiale durant la première année de vie semblent particulièrement préjudiciables.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de protéger les jeunes enfants des facteurs de stress environnementaux.
Le psoriasis, une maladie auto-immune chronique caractérisée par une prolifération rapide des cellules cutanées et une inflammation, touche des millions de personnes dans le monde. Si la génétique et certains facteurs environnementaux, comme le tabagisme et l’alimentation, sont connus pour jouer un rôle dans son développement, cette nouvelle recherche met en lumière l’importance du stress vécu durant la petite enfance.
L’étude, publiée dans le Journal de dermatologie d’investigation, s’appuie sur les données de la cohorte All Babies in Southeast Suède, un vaste suivi de plus de 17 055 enfants. Les chercheurs ont analysé les facteurs de stress vécus par ces enfants à l’âge de 1, 3, 5 et 8 ans, et ont identifié 121 cas de psoriasis diagnostiqués ultérieurement. L’analyse a révélé que les enfants ayant vécu des changements dans leur structure familiale au cours de leur première année de vie présentaient un risque trois fois plus élevé de développer la maladie.
« Les bouleversements familiaux, qu’il s’agisse d’un divorce, d’une séparation, d’un décès dans la famille ou de l’arrivée d’un nouveau membre, peuvent engendrer un sentiment d’insécurité et de peur chez le très jeune enfant », explique le Dr Johnny Ludvigsson, chercheur principal de l’étude et pédiatre à l’Université de Linköping (Suède). « Ces expériences semblent rendre l’enfant plus vulnérable aux effets immunomodulateurs du stress, en particulier durant cette période de développement crucial. Il est possible que ces facteurs déclenchent une réponse de défense impliquant une augmentation du cortisol, une hormone qui influence le système immunitaire. »
Les chercheurs précisent que cette étude a été menée sur une population homogène du sud-est de la Suède et que les résultats doivent être interprétés avec prudence avant d’être généralisés à d’autres populations.
« Nos résultats, à notre connaissance inédits, démontrent que des facteurs de stress importants vécus durant la petite enfance peuvent influencer le système immunitaire et augmenter le risque de maladies auto-immunes comme le psoriasis. Il n’existe pas de solution miracle pour éviter ces facteurs, mais il est essentiel de tout mettre en œuvre pour protéger les jeunes enfants des événements stressants qui menacent leur sécurité et leur bien-être émotionnel. »
Dr Johnny Ludvigsson, pédiatre, Université de Linköping
Des experts du domaine saluent l’importance de cette recherche. Le Dr Luigi Naldi, de l’IRCCS Ospedale San Raffaele à Milan et du Centro Studi GISED à Bergame (Italie), souligne que « décrypter la manière dont le stress précoce module l’immunité pourrait ouvrir de nouvelles voies pour comprendre le développement du psoriasis. Cette étude suggère que l’histoire du psoriasis ne se limite pas aux gènes et aux circuits immunitaires. » Il met en avant la nouveauté de l’étude, qui se concentre sur la petite enfance, une période de développement particulièrement sensible.
Le Dr Yi Xiao, directeur adjoint du laboratoire clé du cancer de la peau et du psoriasis de la province du Hunan, en Chine, et rédacteur en chef du Journal de dermatologie d’investigation, ajoute que « cette cohorte, en commençant dès l’enfance, fournit des preuves temporelles solides reliant l’environnement social au psoriasis. Cela ouvre la voie à des approches de soins complémentaires axées sur l’atténuation des facteurs sociaux défavorables. »
Source :
Référence du journal :
Das, D. et Ludvigsson, J. (2025). Stress de la petite enfance et risque de développer un psoriasis : une étude de cohorte. Journal de dermatologie d’investigation. doi.org/10.1016/j.jid.2025.08.026
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