Publié le 3 novembre 2025 à 18h22. Alors que les requins peuplent les océans depuis plus de 400 millions d’années, une nouvelle étude révèle que les espèces les plus menacées ne sont pas les prédateurs emblématiques, mais des requins plus discrets, aux modes de vie et aux régimes alimentaires spécifiques.
- Une étude de l’Université de Stanford met en évidence la vulnérabilité des requins aux habitudes alimentaires spécialisées et aux habitats profonds.
- Environ un tiers des 500 espèces de requins connues sont aujourd’hui menacées d’extinction en raison de la surpêche, de la pollution et de la destruction de leur habitat.
- La disparition de ces espèces rares pourrait entraîner une simplification des écosystèmes marins et une perte de biodiversité.
Les requins, véritables survivants des océans, ont résisté à des extinctions massives et à des bouleversements climatiques majeurs au cours de leur longue histoire. Pourtant, ces prédateurs millénaires sont aujourd’hui confrontés à une menace sans précédent : l’impact des activités humaines.
La surpêche, la pollution marine et la destruction de leurs habitats naturels ont conduit environ un tiers des 500 espèces de requins recensées au bord du gouffre. L’impact de cette situation ne se limite pas à la vie marine ; il menace également l’équilibre des écosystèmes et, par conséquent, notre propre avenir.
Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les requins les plus célèbres, tels que le grand requin blanc ou le requin marteau, qui sont les plus en danger. Une récente étude menée par des chercheurs de l’Université de Stanford révèle que les espèces les plus vulnérables sont celles qui présentent des caractéristiques uniques, comme des habitudes de chasse spécifiques ou un régime alimentaire restreint, et qui évoluent dans les profondeurs marines.
L’étude s’est concentrée sur un groupe de requins appelé genre Carcharhinus, qui regroupe 35 espèces classées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme « vulnérables », « en danger » ou « en danger critique d’extinction ». Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé plus de 1 200 dents de requins, fossiles et modernes, provenant de 30 espèces différentes.
L’analyse des dents a permis de dresser un portrait précis des habitudes de vie de ces animaux. La taille des dents fournit des indications sur la taille globale du requin, tandis que leur forme révèle des informations sur son régime alimentaire et ses proies préférées. Les résultats ont démontré une corrélation claire : les requins dotés d’un type de corps et d’un régime alimentaire atypiques sont plus susceptibles de disparaître que les espèces plus généralistes.
La perte de ces requins rares, en particulier ceux qui occupent une niche écologique spécifique, aura des conséquences majeures sur le fonctionnement des écosystèmes marins. Les grands requins, en raison de leurs besoins énergétiques importants, sont particulièrement sensibles à la diminution de leurs proies. Les requins à régime alimentaire spécialisé, quant à eux, peinent à s’adapter lorsque leur environnement est dégradé.
Selon Mohamad Bazzi, chercheur postdoctoral à la Stanford Doerr School of Sustainability, cette simplification de la biodiversité marine est préoccupante.
« Notre étude montre que si l’extinction de ces grands requins se produit, ils deviendront plus semblables et plus simples, et vous vous retrouverez avec un monde plus ennuyeux avec moins de diversité de formes »
Mohamad Bazzi, chercheur postdoctoral à la Stanford Doerr School of Sustainability, cité par Earth.
Les requins survivants seront vraisemblablement des espèces généralistes de taille moyenne, vivant en pleine eau. Cette homogénéisation de la faune marine pourrait avoir des répercussions imprévisibles sur l’équilibre des écosystèmes et la santé des océans.
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