Publié le 5 janvier 2026 14h30. La Chine conditionne l’accueil du président sud-coréen Lee Jae-myung à Séoul à des concessions significatives en matière de politique étrangère et de sécurité, notamment une adhésion publique au principe d’une seule Chine et une limitation de la coopération militaire avec les États-Unis.
- La Chine a posé quatre conditions préalables et proposé quatre engagements en échange d’un sommet avec le président sud-coréen.
- Séoul est notamment appelée à réaffirmer le principe d’« une seule Chine » et à renoncer à certains développements militaires en coopération avec les États-Unis.
- Pékin cherche à affaiblir l’alliance trilatérale États-Unis-Japon-Corée du Sud et à contrer l’influence américaine dans la région Indo-Pacifique.
Des sources de renseignement national indiquent que la Chine a défini un cadre précis pour le sommet prévu avec le président sud-coréen Lee Jae-myung, qui a entamé une visite d’État en Chine hier. Ce cadre comprend quatre conditions préalables et quatre engagements correspondants, révélés samedi par des sources proches des services de sécurité.
Selon un responsable de la sécurité nationale taïwanais, qui a requis l’anonymat, la première condition posée à Séoul est une réaffirmation publique de son adhésion au « principe d’une seule Chine », accompagnée d’une déclaration officielle. La Chine exige également que la Corée du Sud s’engage à ne pas déployer dans la région Indo-Pacifique des équipements militaires fabriqués en coopération avec l’industrie de défense américaine, notamment des navires de guerre.
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Les exigences chinoises s’étendent également à la coopération en matière de systèmes de missiles, avec une demande de refus concernant le déploiement du système Typhon, et à une opposition à toute expansion des missions des forces américaines en Corée du Sud dans la région. Depuis mi-novembre, la Chine déploie une stratégie visant à établir une domination substantielle dans la région Indo-Pacifique et les chaînes d’îles, selon le responsable taïwanais.
Cette pression s’intensifie après la publication de la stratégie de sécurité nationale de Washington, que Pékin considère comme une tentative de maintenir l’influence américaine dans la région. Après avoir échoué à influencer le Japon et à provoquer les Philippines, la Chine a recentré ses efforts sur la Corée du Sud, perçue comme un potentiel « maillon faible » dans l’architecture stratégique indo-pacifique.
Parallèlement, la Russie a lancé jeudi des exercices militaires de grande envergure près des territoires du nord du Japon, une manœuvre qui s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes. La Chine cherche ainsi à contrecarrer la coopération industrielle de défense récemment annoncée entre les États-Unis et la Corée du Sud.
Washington a souligné, suite à la publication de sa stratégie de sécurité nationale, que les pays de la région Indo-Pacifique et des chaînes d’îles devaient assumer leurs responsabilités régionales. La Chine, de son côté, souhaite empêcher la Corée du Sud de jouer un rôle plus actif dans cette zone et envisage d’utiliser le sommet Xi-Lee pour définir les relations sino-sud-coréennes comme un « partenariat stratégique », affaiblissant ainsi l’alliance trilatérale États-Unis-Japon-Corée du Sud et l’ensemble de l’alliance démocratique indo-pacifique.
En contrepartie de ces conditions, la Chine a promis quatre engagements. Elle s’engage notamment à lever les sanctions contre les filiales du groupe Hanwha et à mettre fin à ce qu’elle appelle « l’interdiction de la culture coréenne », permettant ainsi aux artistes sud-coréens de se produire à nouveau en Chine. De plus, Pékin s’engage à tripler le nombre de touristes chinois visitant la Corée du Sud au cours du premier semestre et à le quintupler au second semestre. Enfin, la Chine se dit prête à faciliter le dialogue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Dans le cadre d’un alignement croissant des autocraties – désigné par l’acronyme « CRINK » (Chine, Russie, Iran et Corée du Nord) – des troubles ont éclaté en Iran, selon la source. Si les médias chinois présentent la situation en Iran comme une répression de la révolte par le gouvernement iranien, les internautes chinois y voient une résistance à l’injustice.
La situation en Iran exerce une pression sur la stabilité interne de la Chine, ce qui pousse Pékin à tenter de coopter la Corée du Sud et de l’utiliser pour gérer et contrebalancer l’influence de la Corée du Nord.
