Publié le 12 janvier 2026 17h46. Une enquête menée en Autriche révèle qu’une part significative de la population, en particulier chez les jeunes, ne serait pas opposée à un régime autoritaire dans certaines circonstances, un sentiment nettement plus répandu qu’en Allemagne.
- Près d’un Autrichien sur neuf se dit favorable à une dictature comme forme de gouvernement, dans certaines situations.
- L’âge et les préférences politiques sont des facteurs déterminants, l’éducation jouant un rôle moins significatif.
- Les résultats de l’enquête autrichienne contrastent fortement avec ceux d’une étude similaire menée en Allemagne.
Selon une étude récente réalisée par l’Institut du marché de Linz pour le quotidien La norme, environ 8 % des Autrichiens interrogés se disent « plutôt » d’accord et 3 % « tout à fait » d’accord avec l’affirmation suivante : « Dans l’intérêt national, une dictature est la meilleure forme de gouvernement dans certaines circonstances ». Au total, 11 % des participants à l’enquête se sont déclarés indécis. Une majorité écrasante, soit 56 % des électeurs éligibles interrogés, se montre « fortement en désaccord » avec cette idée, et 15 % supplémentaires expriment un « fort désaccord ».
L’étude révèle des disparités notables selon les tranches d’âge. La propension à envisager un gouvernement autoritaire est particulièrement forte chez les moins de 30 ans, tandis que le rejet d’une dictature est plus marqué chez les plus de 50 ans. Le niveau d’éducation ne semble pas être un facteur déterminant : bien que le rejet d’une dictature soit légèrement plus élevé chez les personnes ayant un niveau d’éducation supérieur, le soutien à cette idée est également plus important dans cette catégorie.
Les préférences politiques influencent également considérablement les opinions. 85 % des électeurs proches des Verts autrichiens rejettent fermement l’idée d’une dictature, contre seulement 44 % des sympathisants du FPÖ.
Les résultats de cette enquête diffèrent significativement de ceux du « Deutschland-Monitor », une étude similaire menée auprès des électeurs allemands en 2024. En Allemagne, le rejet total (partiel et complet) d’une dictature s’élevait à 91 %, tandis que l’approbation n’atteignait que 4 %.
« Cela signifie qu’en Autriche, une personne sur neuf pourrait se montrer ouverte à l’idée d’une dictature, alors qu’en Allemagne, ce chiffre tombe à une personne sur 25 »,
David Pfarrhofer, Institut du marché
L’enquête a également sondé l’opinion des Autrichiens sur d’autres formes de gouvernement autoritaire. 16 % des personnes interrogées se sont déclarées « tout à fait » d’accord et 14 % « plutôt » d’accord avec l’idée que « l’Autriche a besoin d’un parti unique et fort qui incarne la communauté nationale dans son ensemble ». Seul un quart des répondants a fermement rejeté cette affirmation. De même, 7 % des personnes interrogées se sont dites « tout à fait » d’accord et 9 % « plutôt » d’accord avec l’idée qu’« il faudrait un dirigeant qui gouverne l’Autriche d’une main de fer, pour le bien de tous », un sentiment rejeté par 52 % des personnes interrogées. Là encore, l’approbation de ces idées est plus élevée en Autriche qu’en Allemagne, où le rejet est plus prononcé.
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