Publié le 12 janvier 2026 à 21h14. Des chercheurs allemands ont identifié un mécanisme précis par lequel la bactérie Escherichia coli s’infiltre dans les cellules de la prostate, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre la prostatite bactérienne.
- Une équipe de l’Université de Würzburg a mis au point un modèle de prostate en laboratoire (organoïde) pour étudier l’infection.
- Les chercheurs ont découvert que E. coli cible spécifiquement les cellules luminales de la prostate grâce à une interaction protéine-récepteur.
- La molécule de sucre D-mannose pourrait empêcher l’infection en bloquant cette interaction, offrant une alternative aux antibiotiques.
La prostatite bactérienne, une infection urologique fréquente chez les hommes, est souvent causée par des bactéries intestinales, notamment Escherichia coli (E. coli). Le traitement repose généralement sur de longs cycles d’antibiotiques, mais les rechutes sont fréquentes, soulignant la nécessité de nouvelles approches.
Les scientifiques suspectaient depuis longtemps que les bactéries pénétraient dans les cellules prostatiques pour échapper au système immunitaire et à l’action des médicaments. Cependant, jusqu’à présent, il manquait des preuves concrètes de ce mécanisme.
L’équipe de l’Université Julius Maximilian de Würzburg a franchi une étape décisive en développant un organoïde prostatique, une sorte de mini-organe cultivé en laboratoire à partir de cellules souches adultes. Ce modèle reproduit fidèlement la structure et la fonction du tissu prostatique réel, permettant ainsi d’analyser l’évolution de l’infection dans des conditions plus réalistes.
Les recherches, dirigées par le Dr Carmen Aguilar, ont révélé que E. coli attaque spécifiquement les cellules luminales, qui tapissent les conduits de la prostate. Cette attaque se produit grâce à un mécanisme de « clé et de serrure » : la protéine bactérienne FimH se lie à un récepteur spécifique présent à la surface des cellules, appelé PPAP (phosphatase acide spécifique de la prostate).
Selon les chercheurs, cette connexion n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt l’exploitation d’une faiblesse structurelle inhérente à la prostate. Une fois la liaison établie, la bactérie peut pénétrer dans la cellule et s’y multiplier.
Parallèlement à la découverte du mécanisme d’infection, les scientifiques ont identifié une piste prometteuse pour la prévention : la molécule de sucre D-mannose. Cette substance est capable d’empêcher FimH de se lier au récepteur PPAP, agissant comme une sorte de « fausse serrure » sur laquelle les bactéries s’accrochent sans pouvoir pénétrer dans les cellules.
Dans le modèle de laboratoire, l’administration de D-mannose a permis de réduire significativement le taux d’infection. Ce principe actif est déjà utilisé dans le traitement des infections urinaires.
Ce nouveau modèle organoïde offre aux chercheurs la possibilité d’étudier d’autres agents pathogènes de la prostate, tels que Klebsiella ou Pseudomonas. L’objectif à long terme est de développer de nouvelles thérapies qui ne dépendent pas des antibiotiques traditionnels.
Face à la résistance croissante aux antibiotiques, cette approche pourrait jouer un rôle crucial dans les futures stratégies de traitement. L’étude a été publiée dans la revue Nature Microbiology.
Avertissement : Cet article est destiné à fournir des informations générales sur les résultats de recherche actuels et ne saurait remplacer un avis médical professionnel. En cas de problèmes de santé, veuillez consulter un médecin de confiance.
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