Publié le 17 octobre 2025 12:56:00. Des chercheurs américains ont mis au point un test sanguin révolutionnaire capable de détecter certains cancers liés au virus du papillome humain (VPH) jusqu’à dix ans avant l’apparition des premiers symptômes, ouvrant la voie à une prévention plus précoce et à des traitements potentiellement moins agressifs.
- Un nouveau test sanguin permet de détecter le cancer jusqu’à dix ans avant son diagnostic.
- L’intelligence artificielle a joué un rôle clé dans le développement de ce test.
- Bien que très prometteur, le test est encore en phase de validation et n’est pas encore disponible pour le grand public.
La détection précoce est un facteur crucial dans la lutte contre le cancer. Une avancée majeure vient d’être réalisée par des scientifiques du Mass General Brigham Institute de Boston, qui ont développé un test sanguin capable d’identifier des marqueurs de certains cancers plusieurs années avant qu’ils ne se manifestent cliniquement. Ce test, baptisé HPV-DeepSeek, cible les cancers associés au virus du papillome humain (VPH), un virus courant qui peut provoquer des infections de la peau et des muqueuses.
Le VPH est notamment impliqué dans le développement de cancers de la tête et du cou, tels que ceux de la gorge et des amygdales. Ces cancers ont tendance à évoluer lentement et, lorsqu’ils sont détectés à un stade précoce, présentent de bons taux de guérison. Le test HPV-DeepSeek pourrait donc permettre d’améliorer significativement les perspectives de traitement et de survie des patients.
Comment fonctionne le test HPV-DeepSeek ?
L’étude s’est appuyée sur des techniques de séquençage du génome entier pour rechercher dans des échantillons de sang de minuscules fragments d’ADN viral. L’équipe de recherche a analysé 56 échantillons provenant d’une biobanque, comparant 28 échantillons de personnes qui ont ensuite développé un cancer à 28 échantillons de personnes en bonne santé.
Les résultats ont été remarquables : le test a détecté l’ADN du VPH dans le sang de 22 des 28 personnes qui ont développé un cancer, alors que tous les échantillons de contrôle étaient négatifs. L’utilisation de l’intelligence artificielle a permis d’améliorer encore la précision du test, avec une détection dans 27 cas sur 28, soit un taux de réussite de plus de 96 %. Le premier signal d’alerte a été détecté en moyenne 10,3 ans avant le diagnostic formel du cancer.
Une étude de validation en cours
Ces résultats encourageants doivent maintenant être confirmés par une étude à plus grande échelle, impliquant plusieurs centaines d’échantillons de sang. Les chercheurs souhaitent évaluer l’efficacité du test HPV-DeepSeek sur une population plus large et diversifiée. Pour l’heure, le test sanguin reste en phase de développement et n’est pas disponible pour les patients, ni aux États-Unis, ni ailleurs.
« Notre étude montre pour la première fois que nous pouvons détecter les cancers associés au VPH chez des personnes ne présentant aucun symptôme plusieurs années avant le diagnostic »,
Daniel L. Faden, responsable de l’étude
En attendant une éventuelle application clinique, la vaccination contre le VPH et l’utilisation de préservatifs restent les mesures de prévention les plus efficaces.
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