Comprendre le jargon spécifique au secteur de la santé est crucial pour une communication efficace, une stratégie alignée et une gestion budgétaire rigoureuse. Un vocabulaire partagé permet de lever les ambiguïtés et de faciliter la prise de décision, notamment pour les équipes marketing et les dirigeants d’établissements.
Alan Shoebridge, vice-président associé des communications nationales chez Providence, un réseau de plus de 51 hôpitaux répartis sur sept États, souligne l’importance de maîtriser ces termes, souvent méconnus même par les professionnels du secteur.
« Il est facile de faire semblant de comprendre, mais la recherche, même avec des outils comme ChatGPT, ne remplace pas une réelle connaissance du sujet », explique-t-il. « Beaucoup de termes semblent basiques, mais ont des implications considérables. »
Un concept souvent mal interprété est celui de la « durée de séjour » (LOS, Length Of Stay), c’est-à-dire le temps qu’un patient passe à l’hôpital. Contrairement à une idée reçue, les hôpitaux cherchent à réduire la durée de séjour, dans le but d’améliorer la sécurité des patients et d’optimiser le flux des admissions et des finances. « Sur les réseaux sociaux, on entend parfois que les hôpitaux veulent des séjours plus longs pour gagner de l’argent. C’est tout le contraire », précise Alan Shoebridge.
La pandémie de COVID-19 a exacerbé les enjeux liés à la durée de séjour, avec une augmentation du nombre de patients en attente d’admission et des pénuries de personnel. De plus, certains patients, cliniquement prêts à sortir, manquent de structures d’accueil appropriées, comme des établissements de soins de longue durée, ce qui prolonge leur séjour à l’hôpital.
Un autre terme clé est le « mix de payeurs », qui désigne la proportion de patients couverts par Medicaid, Medicare et les assurances privées. Un équilibre est essentiel pour la viabilité financière des hôpitaux. « Medicaid rembourse environ 30 cents par dollar, Medicare environ 60 cents, tandis que les assurances privées contribuent à équilibrer l’équation », explique Alan Shoebridge. Une prédominance de Medicaid et Medicare sans une part suffisante d’assurances privées peut entraîner des pertes financières.
Cette réalité économique est résumée par l’expression « pas de marge, pas de mission ». « Si vous ne pouvez pas maintenir une petite marge d’exploitation, vous ne pouvez pas servir la communauté sur le long terme », souligne Alan Shoebridge. Les hôpitaux à but non lucratif, souvent perçus comme des organismes de bienfaisance, ont besoin de ressources financières pour maintenir leurs activités et remplir leur mission.
Alan Shoebridge insiste sur la nécessité d’une meilleure communication sur ces questions, notamment en expliquant les réalités financières des hôpitaux au grand public. Providence publie régulièrement des rapports sur ses avantages communautaires et ses résultats financiers.
Parmi d’autres termes importants à connaître, il cite le « recensement » (nombre de patients hospitalisés à un moment donné), le « médecin hospitaliste » (médecin spécialisé dans les soins hospitaliers) et des expressions plus surprenantes comme « foule » (un bâtiment abritant des cabinets médicaux) ou « s’enfuir » (quand un patient quitte l’hôpital sans autorisation).
Pour se tenir informé, Alan Shoebridge recommande de ne pas hésiter à poser des questions, d’utiliser des outils de recherche et de consulter des guides spécialisés. Il encourage également les professionnels du secteur à visiter les hôpitaux et les cliniques pour une meilleure compréhension du terrain.
« À l’ère de la désinformation, il est crucial de se fier à des sources fiables, comme les systèmes de santé, les médecins et les organismes de santé publique », conclut-il.