Malgré une conjoncture géopolitique tendue, les marchés financiers affichent une résilience surprenante, sans pour autant ignorer les signaux d’alerte. La demande pour les nouvelles émissions obligataires reste solide, tandis que l’attrait pour les titres d’État et les obligations supranationales se confirme.
Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ont accentué les risques, entraînant une hausse de 10 % des prix du pétrole depuis le début de l’année (à partir d’un plus bas de 60 $ US le baril). L’aggravation des tensions autour du Groenland, impliquant les États-Unis et l’Europe, ajoute une couche d’incertitude supplémentaire.
Néanmoins, le sentiment général du marché reste relativement optimiste, même si une certaine nervosité se manifeste sur les marchés boursiers, avec une augmentation du coût de la protection contre les risques. Les taux d’intérêt continuent de baisser, approchant les 2,8 %, et affichent une légère surperformance par rapport aux swaps.
Ces évolutions s’inscrivent dans une fourchette récente et sont soutenues par les données macroéconomiques, notamment les publications récentes sur l’inflation de part et d’autre de l’Atlantique. La priorité des investisseurs semble être la recherche de rendement, éclipsant les préoccupations géopolitiques. La deuxième semaine complète de l’année confirme la dynamique du marché primaire, avec une nouvelle émission de 10 milliards d’euros absorbée avec un impact limité sur les spreads.
Le carnet d’ordres, bien que conséquent à 106 milliards d’euros, n’atteint pas les records observés précédemment. Cette performance, malgré l’incertitude persistante concernant le budget français pour 2026, témoigne d’une confiance, au moins relative, dans la capacité des États à honorer leurs engagements.
En matière de valorisation des obligations d’État, et plus largement du secteur infra-souverain et supranational (SSA), leur attractivité relative et leur profil de risque généralement plus faible doivent être pris en compte. Depuis 2014, les spreads de l’indice obligataire iBoxx 7-10 ans illustrent cette dynamique. Les obligations d’État italiennes se distinguent positivement, tandis que les spreads français reflètent les primes de risque politique. En revanche, les indices de crédit d’entreprise et financier, généralement plus risqués, présentent des spreads historiquement faibles, et plus important encore, des spreads historiquement serrés par rapport aux SSA moins risqués. Dans ce contexte, les SSA redeviennent plus attractifs en période d’incertitude accrue.
Agenda économique et marché
Ce jeudi, l’Union européenne publiera les chiffres de sa balance commerciale et de sa production industrielle, des indicateurs clés des tendances économiques. Aux États-Unis, l’attention se portera sur les données concernant le marché du travail, qui montrent des signes de refroidissement.
Les données TIC (Transactions Internationales en Capital) de novembre devraient fournir des informations sur la demande étrangère pour les actifs américains, mais les craintes d’une vente massive d’actifs américains semblent, à ce stade, exagérées. D’autres indicateurs, tels que l’indice manufacturier Empire State et les perspectives économiques de la Fed de Philadelphie pour janvier, compléteront le tableau.
Sur le front de l’offre souveraine, l’Espagne lancera des obligations à 3 ans, 15 ans et 46 ans pour un montant total de 6 milliards d’euros.