Les marchés financiers attendent avec impatience les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la Banque du Canada, qui pourraient introduire une nouvelle période de volatilité malgré un regain d’optimisme lié au commerce international. Les deux banques centrales devraient réduire leurs taux d’intérêt de 25 points de base aujourd’hui.
L’attention se concentre sur le ton adopté par les responsables monétaires et leurs perspectives d’avenir, qui devraient influencer la direction des marchés. Bien que les deux institutions semblent privilégier la gestion des risques de croissance économique plutôt que la lutte contre l’inflation, les investisseurs restent attentifs à d’éventuelles surprises.
Pour la paire USD/CAD, l’amélioration des perspectives commerciales a récemment soutenu le dollar américain face au dollar canadien. Cependant, l’analyse technique suggère une tendance baissière, avec une attention particulière portée à la moyenne mobile sur 200 jours, un seuil technique clé.
La Réserve fédérale devrait abaisser ses taux directeurs, les situant dans une fourchette de 3,75 à 4 %. Les marchés anticipent également une probabilité de 95 % d’une nouvelle baisse en décembre. L’analyse se concentrera sur le libellé de la déclaration de politique monétaire, la répartition des votes au sein du comité de politique monétaire et la conférence de presse du président Powell.
Compte tenu des données économiques limitées disponibles pendant les périodes de confinement, il est peu probable que la déclaration de la Fed subisse des modifications majeures. La banque centrale pourrait maintenir son évaluation selon laquelle les créations d’emplois ont « ralenti » et que l’inflation reste « légèrement élevée », bien que des données plus faibles en septembre pourraient inciter à un ton plus accommodant. La fin du resserrement quantitatif pourrait également être signalée, bien que décembre reste le moment le plus probable pour une telle annonce. Une telle annonce pourrait exercer une légère pression à la baisse sur le dollar.
« Peu de choses ont changé depuis la reprise du cycle d’assouplissement en septembre », devrait affirmer M. Powell, adoptant un ton conciliant.
Un désaccord de Stephen Miran en faveur d’une réduction de 50 points de base est presque certain. Un soutien plus large à une baisse plus importante enverrait un signal accommodant fort. Pour les marchés, l’élément clé sera de déterminer si M. Powell réaffirme la volonté de la Fed de privilégier le soutien à la croissance économique face à un ralentissement de la dynamique du marché du travail.
Avant la décision de la Fed, la Banque du Canada devrait également réduire ses taux directeurs de 25 points de base, les portant à 2,25 %, afin de soutenir une économie fragilisée par l’incertitude commerciale et la faiblesse de la demande intérieure. Les marchés évaluent à 86 % la probabilité d’une telle décision, et à environ 20 % la probabilité d’une nouvelle baisse en décembre.
Malgré une accélération de l’inflation et le maintien des mesures fondamentales au-dessus de 3 %, la Banque du Canada semble privilégier la gestion des risques baissiers plutôt que la réaction aux données économiques. Le gouverneur Tiff Macklem a déclaré la semaine dernière que la Banque du Canada « mettrait davantage l’accent sur les risques potentiels » dans sa politique, soulignant l’incertitude actuelle et la nécessité pour les responsables de faire preuve de prudence dans leurs prévisions. Cette approche suggère que la politique monétaire pourrait privilégier le soutien à la croissance économique au détriment de la lutte contre l’inflation, à l’instar d’autres banques centrales du G10.
Le prochain budget du gouvernement canadien devrait stimuler les dépenses publiques et creuser le déficit, mais il est peu probable qu’il compense pleinement la faiblesse du secteur privé. Face à l’escalade des tensions commerciales et à la baisse de la confiance des entreprises, les décideurs politiques semblent prêts à donner la priorité à la gestion des risques à court terme.
Bien que l’optimisme concernant une trêve commerciale durable entre les États-Unis et le Canada ait été un facteur dominant pour l’USD/CAD ces derniers temps, à l’instar d’autres monnaies cycliques, les décisions de politique monétaire d’aujourd’hui restent cruciales. La Fed et la Banque du Canada pourraient provoquer des mouvements de marché importants, en particulier si elles surprennent les attentes ou tentent d’orienter les anticipations du marché. Cependant, même en cas de volatilité accrue, l’impact à long terme sur l’USD/CAD pourrait être limité.
D’un point de vue technique, le biais directionnel à court terme pour l’USD/CAD est désormais baissier. Bien que la tendance haussière à long terme reste intacte, la paire a entamé une légère tendance baissière au cours des dernières semaines. Avant les décisions du FOMC et de la Banque du Canada, la dernière baisse a permis de franchir et de clôturer en dessous de la moyenne mobile sur 200 jours, un niveau clé qui a agi comme support et résistance tout au long de l’année. La moyenne mobile sur 200 jours, désormais située au-dessus de la paire avec une pente négative, pourrait encourager les vendeurs à rechercher de nouvelles baisses.
Pour les investisseurs envisageant des positions baissières, il serait préférable d’attendre un test et un rejet de la moyenne mobile sur 200 jours avant de prendre position, avec une poussée soutenue en dessous de 1,3940 confirmant la tendance. 1,3900 se profile comme un objectif initial, soutenu par la moyenne mobile sur 50 jours. 1,3830 constitue un niveau de support mineur, proche de la tendance haussière de juillet.
Si la cassure de la moyenne mobile sur 200 jours s’avère être un faux signal, une position longue pourrait être envisagée au-dessus de ce niveau, avec un stop-loss en dessous pour se protéger contre un retournement. Dans ce cas, un test et un rebond sur la moyenne mobile sur 200 jours avant de prendre position serait préférable. 1,3980 apparaît comme la première cible potentielle, suivi de 1,4050 et 1,4080.
La dynamique a sensiblement changé au cours des quinze derniers jours, le RSI (14) étant désormais en baisse en dessous de 50, indiquant une pression à la baisse croissante. Le MACD a également organisé un croisement baissier de la ligne de signal, mais reste en territoire positif, signalant un changement de direction.
