Publié le 20 octobre 2025 à 22h18. Le président colombien Gustavo Petro a suscité une vive controverse en défendant publiquement le régime de Nicolás Maduro au Venezuela, tout en remettant en question la légitimité des accusations de fraude électorale et en critiquant l’opposante María Corina Machado.
- Gustavo Petro affirme que Nicolás Maduro a remporté les élections vénézuéliennes et rejette les allégations de fraude.
- Le président colombien a critiqué María Corina Machado, la qualifiant de « personne méprisable ».
- Petro a également pointé du doigt les États-Unis, les accusant d’être responsables de la crise migratoire vénézuélienne.
Dans un entretien accordé au journaliste Daniel Coronell, le président Petro a pris position de manière explicite sur la situation politique au Venezuela, rompant avec certains de ses homologues de la gauche latino-américaine, comme Gabriel Boric, qui ont dénoncé les pratiques antidémocratiques du régime de Maduro. Il a affirmé que les élections vénézuéliennes n’avaient pas été volées, citant même l’exemple d’Henrique Capriles, un ancien candidat à la présidence vénézuélienne, qui aurait reconnu les résultats d’un scrutin.
« Maduro n’en a volé aucune (élection), il a simplement gagné une élection »
Gustavo Petro, président de la République
Le chef de l’État a également abordé la question de la crise migratoire vénézuélienne, imputant la responsabilité de la situation aux États-Unis. Il a affirmé que les sanctions américaines avaient contribué à la détérioration de la situation économique au Venezuela, entraînant ainsi un exode massif de Vénézuéliens vers les pays voisins, notamment la Colombie. Il a souligné que la Colombie assumait le fardeau financier de l’accueil de ces migrants.
Par ailleurs, Petro a critiqué la politique économique du régime de Maduro, estimant qu’il avait commis des erreurs en cherchant à maintenir le modèle économique de son prédécesseur, Hugo Chávez. Il a dénoncé l’impression monétaire massive, qui, selon lui, avait conduit à une inflation galopante. Il a comparé cette stratégie à celle qu’il met en œuvre en Colombie, en cherchant à réduire la dépendance du pays au pétrole.
Les déclarations de Gustavo Petro ont suscité de vives réactions en Colombie. Daniel Briceño, conseiller municipal de Bogotá, a dénoncé un soutien « honteux » au régime de Maduro et une attaque injustifiée contre María Corina Machado.
« Petro vient de dire qu’il accorde une grande valeur au dictateur Nicolás Maduro et que María Corina Machado est une personne méprisable. La défense de la dictature vénézuélienne par Petro se fait de front. Ce type est une honte ! »
Daniel Briceño, conseiller municipal de Bogotá
Carlos Felipe Mejía, ancien sénateur, a également exprimé son indignation, accusant Petro de complicité avec le « cartel des Suns », une organisation criminelle vénézuélienne.
Le président colombien a également évoqué la question de la souveraineté à la frontière avec le Venezuela, affirmant que la Colombie l’avait perdue en 2015. Il a critiqué la décision de l’administration précédente, dirigée par Iván Duque Márquez, de fermer la frontière, la qualifiant d’erreur qui avait livré le contrôle de la zone aux mafias.
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