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Petro a répondu à la décision des États-Unis de retirer le visa après ses déclarations controversées à New York: « Je n’en ai pas besoin »

Publié le 27 septembre 2023 14h48. La révocation du visa américain du président colombien Gustavo Petro, suite à ses prises de position lors d'une manifestation contre la guerre à Gaza, a provoqué une nouvelle crise diplomatique entre Bogotá…

Petro a répondu à la décision des États-Unis de retirer le visa après ses déclarations controversées à New York: « Je n’en ai pas besoin »

Publié le 27 septembre 2023 14h48. La révocation du visa américain du président colombien Gustavo Petro, suite à ses prises de position lors d’une manifestation contre la guerre à Gaza, a provoqué une nouvelle crise diplomatique entre Bogotá et Washington.

  • Le Département d’État américain a révoqué le visa du président colombien Gustavo Petro.
  • Cette décision fait suite à l’appel lancé par M. Petro à des soldats américains de désobéir aux ordres concernant la guerre à Gaza.
  • Le président Petro a minimisé l’impact de cette mesure, affirmant qu’il se considère comme un citoyen du monde libre.

La tension entre les États-Unis et la Colombie s’est exacerbée après la participation du président Petro à une manifestation à New York, rassemblant environ 2 000 personnes, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. M. Petro, vêtu de sa traditionnelle guayabera blanche, a brandi le drapeau colombien et s’est joint aux slogans de soutien à la population palestinienne de Gaza.

L’incident déclencheur a été une intervention directe du président Petro auprès de soldats américains présents sur les lieux. Il les a exhortés à refuser d’exécuter d’éventuels ordres liés à une intervention militaire à Gaza, en particulier ceux émanant de l’administration de l’ancien président Donald Trump. Les autorités américaines ont qualifié ces propos d' »imprudents et incendiaires », les interprétant comme un appel à l’insubordination au sein de l’armée.

Le Département d’État a confirmé la révocation du visa alors que M. Petro était déjà en route pour Bogotá. Dans un message publié sur son compte X, le président colombien a déclaré :

« Je suis arrivé à Bogotá. Je n’ai plus de visa pour voyager aux États-Unis. Je m’en fiche. Je n’ai pas besoin d’un visa, mais celui-ci, parce que je suis non seulement un citoyen colombien mais un citoyen européen, et je me considère vraiment comme une personne libre dans le monde. »

Gustavo Petro, président de la Colombie

Il a également ajouté :

« L’humanité doit être libre dans le monde entier. Nous avons le droit humain de vivre sur la planète. Je suis libre et chaque être humain doit être libre sur Terre. »

Gustavo Petro, président de la Colombie

Cette affaire intervient dans un contexte de vives critiques à l’égard de la politique américaine au Moyen-Orient, notamment concernant son soutien à Israël. La position de M. Petro, favorable à la cause palestinienne, a déjà suscité des tensions avec Washington.

Plusieurs personnalités politiques ont réagi à cette affaire. L’ancien maire de Medellín, Daniel Quintero, a ironisé sur la situation sur son compte X : « Better Life qu’un visa ». Le député Alejandro Toro a défendu la position de M. Petro, estimant que « la légitimité du président Petro a été donnée par le peuple colombien aux urnes, pas le gouvernement américain ». Aux États-Unis, la députée María Elvira Salazar a qualifié la décision de « plus que méritée ». La candidate Claudia López, quant à elle, a critiqué le président colombien pour avoir cherché à se poser en « victime » afin de satisfaire son ego.

En signe de solidarité avec M. Petro, Augusto Ocampo, secrétaire juridique à la présidence colombienne, a annoncé qu’il renonçait volontairement à son propre visa américain. Il a déclaré :

« Je le fais en solidarité avec le président Gustavo Petro et parce que je suis convaincu que la dignité de la Colombie est supérieure à tout privilège personnel. »

Augusto Ocampo, secrétaire juridique à la présidence colombienne

La sénatrice María Fernanda Cabal a dénoncé une tentative de « détruire » la relation entre la Colombie et les États-Unis, tandis que le ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti, a estimé que la révocation du visa aurait dû viser en premier lieu le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.