Publié le 24 novembre 2025. Le président colombien Gustavo Petro a réaffirmé son opposition à une intervention militaire au Venezuela, tout en prenant ses distances avec le régime de Nicolás Maduro, sur fond de tensions croissantes liées au déploiement militaire américain dans les Caraïbes.
- Gustavo Petro ne soutient pas Nicolás Maduro mais s’oppose à toute intervention armée au Venezuela.
- Le président colombien estime que les motivations américaines au Venezuela, comme en Ukraine, sont principalement économiques et liées au pétrole.
- Ecopetrol, la compagnie pétrolière colombienne, pourrait subir des conséquences négatives en cas de conflit au Venezuela, selon Petro.
Dans un message publié sur son compte X ce dimanche, Gustavo Petro a clairement exposé sa position face à la crise vénézuélienne. Il a affirmé ne pas apporter son soutien à Nicolás Maduro, tout en soulignant son opposition à une solution militaire.
« Je ne soutiens pas Maduro ; je veux une solution politique et pacifique au Venezuela mais je ne soutiens pas une invasion »
Gustavo Petro, président colombien
Petro, qui entretient des relations diplomatiques avec Maduro, a mis en avant une analyse économique des enjeux en jeu. Il a suggéré que le déploiement militaire américain dans les eaux caribéennes répond à des intérêts économiques, notamment pétroliers, similaires à ceux qui, selon lui, motivent le conflit en Ukraine.
« C’est la vraie raison de la guerre en Ukraine et de l’éventuelle invasion du Venezuela : le pétrole. Les prix internationaux vont s’effondrer et le pétrole sera un monopole arabe ; les États-Unis se retrouveront avec du pétrole lourd et Ecopetrol tombera dans le rouge. »
Gustavo Petro, président colombien
La compagnie pétrolière nationale colombienne, Ecopetrol, a récemment publié ses résultats financiers. Au troisième trimestre de l’année, elle a enregistré un bénéfice net de 2,6 billions de pesos colombiens (environ 692,5 millions de dollars), en hausse de 42% par rapport au trimestre précédent. Cependant, sur les neuf premiers mois de l’année, le bénéfice net s’élève à 7,5 billions de pesos (environ 1,997 million de dollars), soit une baisse de 32% par rapport à la même période en 2024.
Petro a averti que toute action militaire pourrait avoir des répercussions désastreuses sur Ecopetrol et sur les populations vénézuéliennes résidant en Colombie.
« Ceux qui applaudissent à l’invasion déclenchent la faillite d’Ecopetrol et de millions de frères vénézuéliens sur notre territoire. »
Gustavo Petro, président colombien
Le président colombien a également proposé, vendredi dernier, la mise en place d’un « gouvernement de transition partagé » au Venezuela, comme solution pour désamorcer la crise et éviter une intervention étrangère susceptible d’engendrer une escalade de la violence.
Les tensions entre Washington et Caracas se sont accrues en août dernier, suite à l’annonce d’un important déploiement militaire américain dans les Caraïbes, officiellement justifié par la lutte contre le trafic de drogue. Le gouvernement vénézuélien y voit une menace et une tentative de déstabilisation.
jc (efe, El Tiempo, W Radio Colombie)
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