Publié le 7 novembre 2025 à 12h49. Le président colombien Gustavo Petro a plaidé pour des élections au Venezuela, avec des garanties démocratiques, afin de désamorcer les tensions internes et régionales, notamment face au déploiement militaire américain dans les Caraïbes.
Face à une escalade des tensions entre le Venezuela et les États-Unis, le président colombien Gustavo Petro a appelé jeudi 6 novembre à la tenue d’élections « avec de réelles garanties » au Venezuela. Cette proposition intervient dans un contexte de déploiement militaire américain dans la région des Caraïbes et vise, selon le chef d’État colombien, à favoriser un dialogue politique entre l’opposition vénézuélienne et le gouvernement de Nicolás Maduro.
L’initiative de Petro fait suite à un rapport de la chaîne de télévision CNN, qui indiquait que les États-Unis n’avaient actuellement aucun projet d’attaque militaire à l’intérieur du Venezuela, ni de justification légale pour de telles opérations. Le président colombien a salué cette information, la considérant comme un appui à sa position de refus d’une intervention militaire dans le pays voisin.
« Si le gouvernement américain reconnaît qu’il n’est pas légal d’attaquer le Venezuela, il est d’accord avec moi. Ni les missiles ni une invasion étrangère ne sont légaux, ni en vertu du droit américain ni en vertu des traités internationaux. »
Gustavo Petro, Président de la Colombie
Dans un message publié sur son compte X (anciennement Twitter), Petro a affirmé que cette reconnaissance de l’illégalité d’une action militaire rendait sa proposition de dialogue et d’élections plus pertinente. Il a exhorté Nicolás Maduro et María Corina Machado, figure de l’opposition, à saisir cette opportunité pour parvenir à une solution pacifique et souveraine pour le peuple vénézuélien.
La proposition de Petro s’inscrit dans une série de tentatives de médiation menées par la Colombie depuis 2022. Le président colombien a régulièrement cherché à se positionner comme un facilitateur dans la crise vénézuélienne, promouvant des négociations et des rencontres entre les représentants du gouvernement et de l’opposition. Cependant, ces efforts n’ont jusqu’à présent pas abouti à des résultats concrets.
En avril 2023, Bogotá avait accueilli une conférence internationale sur le Venezuela, réunissant des représentants de plus de 20 pays. Cette initiative n’a toutefois pas permis de relancer le processus de dialogue, ni de définir un calendrier électoral clair pour le pays.
Les relations entre Petro et Maduro se sont considérablement rapprochées depuis la réouverture des liens diplomatiques entre la Colombie et le Venezuela, après des années de rupture sous les gouvernements précédents d’Iván Duque et de Juan Guaidó. Récemment, le président colombien a également adopté une position plus discrète sur la question des droits humains au Venezuela, malgré les rapports d’organisations internationales dénonçant la persécution et la répression politique.
Ce recentrage sur la stabilité régionale et le dialogue direct avec le gouvernement chaviste marque un changement de ton par rapport aux déclarations antérieures de Petro, où il insistait sur le respect des libertés civiles et politiques.
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