Le géant pharmaceutique américain Pfizer a annoncé la vente d’une partie de ses parts dans le laboratoire allemand BioNTech, plus de cinq ans après la conclusion d’un partenariat fructueux qui a abouti à la création d’un vaccin contre la COVID-19. Cette cession stratégique intervient alors que Pfizer cherche à dynamiser son portefeuille de produits et à préparer l’avenir face à l’expiration de brevets clés.
Selon un document réglementaire, Pfizer a réduit sa participation dans BioNTech à environ 1,66 million d’actions (American Depositary Shares sponsorisés), représentant une valeur d’environ 163,5 millions de dollars US (environ 150 millions d’euros) au 30 septembre. Pfizer détenait auparavant une part de 54,7% dans le capital de BioNTech.
Ce désinvestissement marque un tournant après le début de la collaboration entre les deux entreprises en 2018, initialement axée sur le développement de vaccins contre la grippe utilisant la technologie de l’ARN messager. Leur collaboration s’est intensifiée au début de 2020 avec l’émergence de la pandémie de COVID-19, aboutissant à la mise au point du premier vaccin à ARNm autorisé au monde contre la maladie.
Le vaccin développé conjointement, commercialisé sous le nom de Comirnaty, a généré des ventes annuelles record de 37,8 milliards de dollars US (environ 35 milliards d’euros) en 2022, au plus fort de la pandémie.
BioNTech a affirmé que cette vente de participation n’affecte pas la nature de sa collaboration avec Pfizer. « Notre collaboration avec Pfizer reste inchangée », a déclaré un porte-parole du laboratoire allemand.
L’afflux de liquidités généré par le succès du vaccin a permis à Pfizer de réaliser une série d’acquisitions importantes, notamment le rachat du spécialiste des médicaments anticancéreux Seagen pour 43 milliards de dollars US (environ 40 milliards d’euros), ainsi que de Global Blood Therapeutics, un fabricant de médicaments contre la drépanocytose, et de Biohaven, un laboratoire spécialisé dans le traitement de la douleur.
À l’heure actuelle, Pfizer se concentre sur le renforcement de son portefeuille de produits. Le PDG d’Albert Bourla ambitionne de générer 20 milliards de dollars US (environ 18,5 milliards d’euros) de revenus supplémentaires d’ici à 2030, alors que l’entreprise anticipe l’expiration des brevets de plusieurs de ses médicaments les plus vendus, dont Ibrance, Xtandi et l’anticoagulant Eliquis (co-développé avec Bristol Myers Squibb).
L’action Pfizer a connu une baisse de près de 8 % au cours de l’année écoulée et se négocie actuellement à moins de la moitié de sa valeur maximale atteinte pendant la pandémie de COVID-19.
