La Bolivie est confrontée à un défi majeur en matière de gestion des eaux usées, avec des conséquences directes sur la santé publique et l’environnement. Un plan national ambitieux, soutenu par la Banque mondiale, vise à améliorer considérablement le traitement des eaux usées et à encourager leur réutilisation, notamment dans le secteur agricole.
Seulement 27 % des eaux usées en Bolivie sont actuellement traitées, un chiffre qui grimpe à 39 % dans les villes de plus de 10 000 habitants. La situation est particulièrement préoccupante à La Paz, une ville de près de 800 000 habitants qui ne dispose d’aucune station d’épuration. Les eaux usées non traitées y sont directement déversées dans les rivières Choqueyapu et La Paz, contaminant les ressources en eau et exposant la population à des risques sanitaires.
L’urbanisation croissante a exacerbé la demande en eau, tandis que les eaux usées non traitées sont souvent utilisées pour l’irrigation, en raison d’une pénurie d’eau. Cette pratique, bien que courante, présente des dangers potentiels pour la santé des consommateurs de produits agricoles, ainsi que pour les agriculteurs et leurs familles, en raison du manque de contrôle et de réglementation de la qualité de l’eau.
Face à cette situation, le ministère de l’Environnement et de l’Eau (MMAyA) a lancé en 2017 une stratégie nationale de gestion et de réutilisation des eaux usées. Cette initiative, formulée avec l’assistance technique du Partenariat mondial pour la protection et l’assainissement de l’eau (GWSP), vise à réduire la pollution de l’eau, à améliorer la santé publique et à promouvoir une utilisation plus durable des ressources hydriques.
La construction d’une station d’épuration à La Paz est une priorité absolue, nécessitant également la mise en place d’un réseau d’égouts et d’émissaires pour acheminer les eaux usées vers l’usine de traitement. Cependant, la construction de l’infrastructure ne représente qu’une première étape. Il est crucial de développer et de mettre en œuvre des plans de service et de maintenance rigoureux pour garantir l’efficacité et la pérennité du système.
L’amélioration de la gestion des eaux usées en Bolivie passe également par le renforcement des mécanismes politiques, structurels, réglementaires et financiers. Une sensibilisation accrue du public à l’importance du traitement des eaux usées est également essentielle. Par ailleurs, la régénération environnementale des bassins versants de Choqueyapu et de La Paz est primordiale pour minimiser les risques pour la santé publique.
Les experts soulignent la nécessité d’explorer des approches alternatives de gestion des eaux usées, au-delà des méthodes traditionnelles de collecte et de traitement. Cela inclut des systèmes d’épuration décentralisés et une gestion optimisée des boues fécales.
Plusieurs principes clés doivent guider les investissements dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. La sélection des technologies de traitement doit être basée sur une analyse du coût total du cycle de vie, incluant les coûts d’investissement, d’exploitation et de maintenance. Il est également important de prendre en compte les retombées sociales positives, telles que la création d’emplois, l’augmentation de la valeur immobilière et l’amélioration de la santé publique.
La Bolivie dispose d’un cadre institutionnel complexe pour la gestion de l’eau et de l’assainissement, impliquant le MMAyA, le Vice-ministère de l’eau potable et de l’assainissement de base (VAPSB), et le Vice-ministère des ressources hydriques et de l’irrigation. Les conseils locaux, souvent par l’intermédiaire d’agences de services de base (EPSAS), sont responsables de la fourniture des services aux populations.
La coopération entre les différents acteurs, tant au niveau national que local, est essentielle pour assurer le succès de la stratégie bolivienne en matière de gestion des eaux usées. La Banque mondiale et d’autres partenaires de développement s’engagent à soutenir la Bolivie dans cette démarche, en intégrant les principes de l’économie circulaire dans la conception de la future station d’épuration de La Paz.
« Les eaux usées peuvent être une ressource précieuse si nous disposons des politiques, des technologies et des financements appropriés », soulignent les experts de la Banque mondiale, qui se disent prêts à accompagner la Bolivie vers une meilleure couverture en matière de traitement et de réutilisation des eaux usées, afin de minimiser la pollution, de restaurer l’environnement et d’améliorer la résilience climatique.
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