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Santé

Poésie et voir le corps après la mort

La poésie, traditionnellement associée aux rites funéraires à travers les cultures, peut offrir un moyen puissant de maintenir le lien avec les défunts, même après leur disparition physique. Un poème récent, intitulé « Shroud », explore cette idée…

La poésie, traditionnellement associée aux rites funéraires à travers les cultures, peut offrir un moyen puissant de maintenir le lien avec les défunts, même après leur disparition physique. Un poème récent, intitulé « Shroud », explore cette idée en utilisant des images et des souvenirs concrets pour immortaliser un être cher.

Pour de nombreux professionnels de la santé, les premiers patients qu’ils côtoient sont des corps offerts à la science. Il est cependant rare qu’ils soient témoins des derniers moments de ceux qui meurent sous leurs soins, et encore plus rare qu’ils participent à la manière dont le souvenir de ces derniers est préservé. L’histoire témoigne de l’importance de la poésie dans les pratiques funéraires : des inscriptions sur les tombes de l’Égypte ancienne aux poèmes gravés sur les pierres runiques des Vikings, en passant par les vers décorant les sépultures grecques, romaines et chinoises, elle a toujours servi à accompagner les défunts.

Dans « Shroud », la poétesse utilise cette tradition pour créer un hommage poignant. Elle évoque des images qui offrent à la fois le réconfort d’un linceul traditionnel et la permanence du souvenir, rendant son être cher perdu indélébile, du moins dans sa mémoire. Le poème s’appuie sur des détails intimes, comme une couverture d’hôpital blanche, fréquemment visible sur les dernières photos prises avec un smartphone. Ces images, soigneusement sélectionnées par l’auteure, deviennent elles-mêmes une forme de protection, des artefacts qui rappellent un homme capable de « … tout soulever, fabriquer ou réparer ».

Le poème enveloppe ainsi le « chéri » disparu, tout en invoquant sa présence physique éternelle. L’évocation de la crémation récente du père d’un ami, enveloppé d’une couverture et de cartes à jouer avant d’être incinéré, renforce cette idée. Les dernières lignes du poème semblent presque redonner vie à « Aaron » : « … pendant que vous cliquiez sur votre téléphone, / pensiez-vous que vous réchauffiez votre café, / leviez vos jambes dans le fauteuil inclinable, / changiez de chaîne ? »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.