Publié le 15 octobre 2025 à 15h03. Le Circuit des Amériques (COTA) pose des défis techniques et physiques considérables pour les équipes de Formule 1, nécessitant des compromis constants en matière de réglages. Pedro de la Rosa, ambassadeur de l’équipe Aston Martin Aramco, décrypte les spécificités de ce tracé exigeant.
- Le COTA exige un équilibre délicat des réglages pour s’adapter aux sections à basse et haute vitesse du circuit.
- La gestion de la hauteur de caisse est cruciale pour optimiser l’adhérence et éviter les chocs violents avec les vibreurs.
- Les forces G intenses dans le secteur sinueux du circuit mettent à rude épreuve les pilotes et exigent une grande précision.
Le sport automobile de pointe débarque au Texas pour le Grand Prix des États-Unis. L’État du Lone Star, réputé pour ses avancées scientifiques et abritant le centre spatial Lyndon B. Johnson de la NASA, se prépare à accueillir des machines de course de pointe conçues par les meilleurs ingénieurs de la planète. Cette semaine, le Texas troque l’astrodynamique contre l’aérodynamique, et les fans sont invités à découvrir la science qui sous-tend ce sport.
En collaboration avec Aramco, Aston Martin propose une exploration de l’innovation et de l’ingéniosité qui caractérisent la Formule 1. À l’approche du Grand Prix des États-Unis, Pedro de la Rosa, fort de milliers de kilomètres au volant d’une monoplace, partage son analyse des exigences techniques, physiques et stratégiques du COTA.
« Le COTA est un circuit de compromis, explique Pedro de la Rosa. C’est un tracé très complet, avec un mélange de sections à basse et haute vitesse, ce qui vous oblige à trouver un équilibre dans les réglages de la voiture pour répondre à ces différents défis. Il faut faire rouler la voiture avec une fenêtre de hauteur de caisse aussi large que possible. Elle doit être suffisamment haute pour bien fonctionner à basse vitesse, mais suffisamment basse pour fournir une force d’appui dans les parties rapides de la piste. »
« C’est difficile, car les voitures actuelles ont une fenêtre de fonctionnement très étroite, notamment en termes de hauteur de caisse. Il est donc essentiel que les ingénieurs et les pilotes travaillent ensemble pour optimiser la voiture au maximum, en sachant qu’il faudra toujours sacrifier certains aspects sur le COTA. »
Selon l’ancien pilote, les virages du secteur 1 sont particulièrement exigeants. « Vous devez essayer d’aligner les lignes droites dans le Secteur Un autant que possible pour gagner du temps, et pour cela, vous devez franchir les vibreurs. Le problème est que vous voulez que votre hauteur de caisse soit suffisamment basse pour avoir une bonne adhérence aérodynamique dans les virages rapides, mais pas au point de heurter trop fort les vibreurs. Si la voiture heurte violemment les vibreurs et saute, vous perdez de l’appui et de la stabilité. Il faut attaquer les vibreurs, il y a donc un compromis à trouver. Cela peut aussi être physiquement éprouvant pour les pilotes, car plus vous descendez, plus vous ressentez les rebonds et les bosses dans le cockpit. »
« Vous passez de 5 g latéraux d’un côté de votre corps à 5 g de l’autre presque immédiatement. »
Pedro de la Rosa, ambassadeur de l’équipe Aston Martin Aramco
Le secteur sinueux du circuit offre également des sensations fortes. « Cette section est la préférée de nombreux pilotes car elle est très rapide et exige une grande précision. Vous ressentez beaucoup de force G à cet endroit. C’est fantastique, mais physiquement, cela sollicite beaucoup le cou. Heureusement, le COTA possède de longues lignes droites qui permettent de récupérer. »
De la même manière, le premier virage est un défi particulier. « Le premier virage, c’est comme le début d’une montagne russe lorsque vous montez une colline. Vous ressentez vraiment l’élévation dans la voiture, mais cela vous permet de freiner très tard, car la gravité vous repousse. C’est un virage aveugle, et on ne voit le sommet que tard, mais c’est une bonne opportunité de dépassement car la piste est large à l’entrée et il y a plusieurs trajectoires possibles. »
Enfin, le virage 19 est considéré comme l’un des plus difficiles du circuit. « Vous y arrivez très rapidement et l’entrée est également aveugle, mais à une vitesse plus élevée que le premier virage. Si vous entrez trop tôt et coupez le vibreur intérieur, il est facile de partir en tête-à-queue, et si vous entrez trop tard, vous sous-virez et risquez de dépasser les limites de la piste. C’est un virage extrêmement difficile à maîtriser car il faut être très précis à grande vitesse, mais on ne voit pas le sommet. »
La gestion des pneus est également un facteur clé sur le COTA. « Comme pour beaucoup d’autres aspects du COTA, la gestion des pneus est un exercice d’équilibre. Ils sont particulièrement sollicités dans la première moitié du tour, il faut donc en prendre soin pour qu’ils durent dans la seconde moitié, notamment en qualifications. Vous ne pouvez rien laisser de côté dans le premier secteur, mais il est important de ne pas trop faire glisser les pneus, car cela génère de la chaleur et les rend difficiles à refroidir. Dans la seconde moitié du tour, il est plus important de préserver les pneus arrière, car il y a beaucoup de phases d’accélération, notamment dans les sorties des virages 12, 13 et 14. Vous pouvez perdre beaucoup de temps dans les sections lentes du tour, il faut donc être prudent lorsque vous appuyez sur l’accélérateur, car si vous faites patiner les pneus arrière, vous en paierez le prix. »
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