Publié le 13 octobre 2025. Des dizaines de familles à Mati City, dans le sud des Philippines, préfèrent dormir à la belle étoile après les tremblements de terre de magnitude 7,4 et 6,9 qui ont frappé la région de Davao Oriental, craignant de nouvelles répliques et un possible tsunami.
- Plus de 30 familles campent au bord de la route depuis deux jours.
- La proximité de leur domicile avec des bâtiments endommagés et la côte les inquiète.
- L’aide humanitaire tarde à arriver pour ceux qui ont choisi de rester à l’extérieur des centres d’évacuation officiels.
Mati City, Davao Oriental – L’inquiétude persiste chez de nombreux habitants après les violents séismes qui ont secoué la région vendredi dernier. Si certains ont pu regagner leur foyer, d’autres, plus de trente familles selon un reportage de MindaNews, ont choisi de rester à la rue, installés le long de la route de dérivation de Golden Valley, Barangay Central.
L’équipe de reportage de MindaNews a rencontré ces familles dimanche alors qu’elle retournait vers Davao City. Vendredi soir, des centaines de véhicules s’étaient engouffrés dans la vallée, leurs occupants cherchant un abri de fortune sous des tentes de fortune.
Parmi eux, Arnold Avenido, 43 ans, et sa femme Mera, 49 ans, campent avec leurs dix enfants, âgés de 7 à 17 ans, ainsi que trois jeunes adultes de 19, 20 et 21 ans. Leur maison, située à proximité d’un immeuble gravement endommagé par les tremblements de terre, leur semble désormais trop dangereuse.

La proximité de la côte n’arrange rien. Arnold Avenido se trouvait à l’hôtel de ville de Mati lorsque le premier choc a frappé. Il est rentré chez lui dès que les secousses se sont calmées. Mera, elle, préparait les repas pour les élèves qui se rendaient à l’école.
« Je l’ai perdu, je n’en pouvais plus (j’avais peur, je ne pouvais pas me lever) »
Mera Avenido
Assis dans leur tricycle, le couple explique qu’ils se sentent plus en sécurité à l’extérieur, redoutant un tsunami. Ils ont dû improviser des abris avec des bâches récupérées auprès de leurs voisins, creusant des rigoles autour pour évacuer l’eau de pluie. Leur principal souci est de trouver un endroit sec pour dormir.
Ils espèrent que les autorités locales prendront rapidement une décision quant à la sécurité du retour au domicile. D’autres familles, alternant entre le campement et leur maison, se rendent chez elles pour récupérer des effets personnels, préparer des repas ou profiter du retour temporaire de l’eau courante.
Arnold Avenido travaille comme chauffeur de tricycle et effectue occasionnellement des travaux pour la mairie. Mera, quant à elle, prépare des repas pour compléter les revenus familiaux. « Il conduit, je cuisine », explique-t-elle.
Depuis trois jours, ces familles dépendent de la générosité des inconnus, les services sociaux locaux étant concentrés sur les centres d’évacuation officiels. Un sac de riz leur a été offert samedi par un habitant, mais Arnold Avenido ignore s’il s’agissait d’un simple citoyen ou d’un représentant de l’administration.
L’absence d’électricité et de téléphone fonctionnel complique la situation, les empêchant de se tenir informés des éventuelles aides gouvernementales. Des pierres et des débris jonchent la route, vestiges des répliques qui continuent de secouer Mati City depuis vendredi.
Pour les Avenido, la chaleur est un moindre mal comparée au risque de rentrer chez eux.
(Yas D. Ocampo/MindaNews)
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