Home MondeUne unité de l’armée malgache revendique le contrôle, le président affirme qu’une prise de pouvoir est en cours

Une unité de l’armée malgache revendique le contrôle, le président affirme qu’une prise de pouvoir est en cours

by Clara Dubois

Publié le 12 octobre 2024 11h32. Une mutinerie au sein d’une unité militaire malgache a conduit à une prise de contrôle annoncée des forces armées, tandis que le président Andry Rajoelina dénonce une tentative de coup d’État. La situation, exacerbée par des semaines de protestations sociales, suscite des inquiétudes régionales et internationales.

  • Une unité du Contingent des Agents Administratifs et Techniques (CAPSAT) a déclaré assumer le contrôle de l’armée de terre, de l’air et de la mer malgache.
  • Le président Rajoelina accuse ses opposants de tenter une prise de pouvoir illégale et appelle au dialogue.
  • L’Union africaine et l’Afrique du Sud ont exprimé leur préoccupation et appelé au respect de l’ordre constitutionnel.

La crise à Madagascar s’est intensifiée dimanche avec l’annonce par le CAPSAT, une unité basée à Soanierana, en périphérie d’Antananarivo, qu’elle prenait le commandement de l’ensemble des forces militaires. Dans une déclaration vidéo, les officiers du CAPSAT ont affirmé que « désormais, tous les ordres de l’armée malgache – qu’elle soit terrestre, aérienne ou navale – proviendront du quartier général de la CAPSAT ». Ils ont également nommé le général Démosthène Pikulas à la tête de l’armée, bien que la légitimité de cette nomination reste incertaine.

Cette prise de contrôle intervient après des semaines de manifestations antigouvernementales, déclenchées par la colère populaire face aux pénuries d’électricité et d’eau. Samedi, des milliers de manifestants avaient défilé dans le centre d’Antananarivo, rejoints par des soldats du CAPSAT qui avaient refusé d’obéir aux ordres de tirer et critiqué les actions de la gendarmerie, accusée de brutalité envers les manifestants. Selon les Nations Unies, au moins 22 personnes ont été tuées depuis le début des protestations le 25 septembre, certaines victimes des forces de l’ordre, d’autres des violences liées à des gangs et des pillages. Le président Rajoelina conteste ce bilan, affirmant que les 12 décès confirmés étaient ceux de « pilleurs et de vandales ».

Le gouvernement a assuré que le président Rajoelina se trouvait toujours dans le pays et assurait la gestion des affaires courantes, tandis que le nouveau Premier ministre a déclaré que l’exécutif était « debout et fort » et disposé à dialoguer. Parallèlement, des officiers de la gendarmerie ont publié une déclaration vidéo reconnaissant « des fautes et des excès lors de nos interventions » et appelant à la « fraternité » entre l’armée et la gendarmerie. Ils ont précisé que « désormais, tous les ordres viendront uniquement » de la préfecture de gendarmerie.

Cette situation rappelle la mutinerie de 2009 survenue dans la même base militaire du CAPSAT, lors d’un soulèvement populaire qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir. L’Union africaine a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’évolution de la situation et salué l’engagement du gouvernement en faveur du dialogue. L’Afrique du Sud voisine a également appelé toutes les parties à respecter le processus démocratique et l’ordre constitutionnel.

Un nouveau rassemblement et un service de prière ont eu lieu dimanche à Antananarivo. Selon les médias locaux, les secours ont fait état samedi de deux morts supplémentaires et de 26 blessés. L’unité CAPSAT a également signalé la mort d’un militaire, abattu par des gendarmes.

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