Home Santé“Pour connaître notre état de santé, il est préférable de mesurer la taille que de calculer l’indice de masse corporelle; chez les hommes, plus de 94 centimètres augmentent le risque cardiovasculaire et chez les femmes, 80 ans”

“Pour connaître notre état de santé, il est préférable de mesurer la taille que de calculer l’indice de masse corporelle; chez les hommes, plus de 94 centimètres augmentent le risque cardiovasculaire et chez les femmes, 80 ans”

by Sophie Martin

Chaque jour en Espagne, des vies pourraient être prolongées, et mieux vécues, grâce à des choix de vie simples. Un expert en nutrition et gérontologie souligne que la manière dont nous abordons la fin de vie n’est pas prédestinée, mais dépend de nos habitudes quotidiennes.

Selon une étude de la Fondation du cœur espagnol, 330 personnes meurent chaque jour dans le pays des suites de problèmes cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux ou de crises cardiaques. Un chiffre alarmant, mais dont une partie significative – environ 270 décès – pourrait être évitée grâce à un mode de vie plus sain, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.

« Il y a deux façons de mourir : mourir malade et mourir en bonne santé. En nous, c’est le choix », explique le Dr Manuel Viso, auteur de Supersanos (Éditions HarperCollins). Il met en garde contre l’idée reçue selon laquelle la mort est inévitable, et insiste sur l’importance de déterminer comment nous souhaitons atteindre cette fin. « Être connecté à une bouteille d’oxygène ? Souffrir de douleurs à la hanche ou au genou à cause de l’obésité ? Ou préférons-nous atteindre ce moment en étant capable de voyager, de profiter de nos petits-enfants, de faire ce que l’on aime sans trop de limitations ? »

Le Dr Viso recommande de commencer par une mesure simple : la taille. La quantité de graisse abdominale est un indicateur clé de notre état de santé et permet d’évaluer le risque de maladies cardiovasculaires, première cause de décès dans le monde. Pour les hommes, un tour de taille supérieur à 94 centimètres commence à augmenter ce risque, qui devient élevé au-delà de 102 centimètres. Chez les femmes, le seuil de risque est de 80 centimètres, et devient élevé au-delà de 88 centimètres. « Avoir un ventre n’est pas un signe de bonne santé », insiste-t-il, soulignant que cette mesure est plus fiable que l’indice de masse corporelle traditionnel.

Une fois l’état de santé évalué, il est crucial de se fixer des objectifs réalistes et progressifs. « Bien manger, faire de l’exercice, mieux dormir, éviter les substances toxiques… », énumère le Dr Viso. L’important est d’adopter des habitudes durables qui améliorent le quotidien.

Concernant les régimes à la mode, le Dr Viso se montre prudent. Il n’existe, selon lui, aucune preuve scientifique solide justifiant le jeûne intermittent comme pratique systématique pour améliorer la qualité de vie ou la santé. Il met en garde contre le risque de fringales et de suralimentation qui peut en découler. De même, il ne préconise pas de manger cinq fois par jour, estimant qu’il est préférable de commencer par trois repas et d’adapter en fonction des besoins individuels.

L’auteur de Supersanos déconstruit également certaines idées reçues sur l’alimentation. Les œufs, par exemple, ne feraient pas augmenter le cholestérol. « Je fais des omelettes avec cinq ou six œufs, et je les mange au moins deux fois par semaine. J’ai un taux de cholestérol à 145, ce qui est parfait », témoigne-t-il. Il souligne que les œufs sont riches en protéines de haute qualité, en vitamines, en minéraux et en antioxydants, et contiennent de bonnes graisses. « Il vaut mieux manger trois œufs qu’un croissant. Le problème de l’obésité n’est pas les œufs, mais les aliments ultra-transformés. »

Le miel, souvent présenté comme un aliment sain, est en réalité composé à 84 % de sucre. Quant à la vitamine D, dont la carence est fréquente en Espagne (touchant entre 80 et 100 % des personnes de plus de 65 ans et 40 à 50 % des autres), il est préférable de la supplémenter, même en été, car son absorption est limitée par l’alimentation (jaune d’œuf, produits laitiers entiers, huile d’olive vierge, champignons).

Enfin, le Dr Viso insiste sur l’importance de l’exercice physique, en particulier l’entraînement en force. « C’est la chose la plus proche de la source de la jeunesse éternelle », affirme-t-il. Il est particulièrement bénéfique pour les personnes âgées, afin de prévenir les chutes et l’ostéoporose. « Parmi les plus de 65 ans qui subissent une fracture de la hanche, 30 % décèdent des complications. » Le muscle, en tant qu’organe, libère des substances antioxydantes et anti-inflammatoires, améliorant ainsi la fonction digestive et le bien-être général.

Il met également en garde contre un état d’inflammation chronique, souvent silencieux, causé par une mauvaise alimentation, le manque d’exercice et les toxiques (tabac, alcool, pollution). Cette inflammation peut conduire à diverses maladies, telles que le diabète, les problèmes cardiovasculaires et le cancer.

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